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Le pari perdu par Theresa May

Le pari perdu par Theresa May


Retour sur le désaveu de la Première ministre britannique et ses conséquences sur les marchés financiers.

Les urnes ont rendu leur verdict et le résultat n’est pas celui qui avait été prédit par la majorité des instituts de sondage. Le Parti Conservateur a gagné les élections législatives anticipées mais il a aussi et surtout perdu sa majorité absolue au Parlement en remportant seulement 318 sièges sur 650 (contre 330 dans l’assemblée sortante). La Première ministre Theresa May, qui comptait sur une large victoire électorale pour conforter sa majorité et négocier le Brexit avec l’UE dans une position de force, en est donc pour ses frais. Le résultat des élections sanctionne un vote contre le « hard Brexit » et la politique d’austérité budgétaire voulus par les Conservateurs. Certes, il semble que Theresa May pourra obtenir le soutien du Parti unioniste démocrate d’Irlande du Nord (DUP, 10 sièges) mais sans un accord de coalition formel. Ce qui s’apparente à une solution à court terme pourrait cependant donner lieu à une situation instable et un exécutif qui aura du mal à résister à l’épreuve du temps.

Le pari perdu par Theresa May, moins d’un an après celui de son prédécesseur David Cameron sur le Brexit, prolonge donc l’ère d’incertitude pour le Royaume-Uni. Ce revers cinglant pour les Conservateurs rebat aussi les cartes quelques jours seulement avant l’ouverture des négociations avec l’UE. Les spéculations quant à l’adoption d’une ligne plus souple sur le Brexit semblent toutefois prématurées. A plus long terme, le résultat de ces élections pourrait même rendre les négociations encore plus compliquées.

Réaction des marchés financiers : calme à l’international, la livre sterling sous pression

Force est de constater que les marchés financiers internationaux ont réagi avec calme à l’annonce des résultats surprise du scrutin britannique. Ceci semble indiquer que les investisseurs estiment qu’ils ne représentent pas une menace pour l’évolution de la croissance mondiale. De fait, les marchés d’actions asiatiques ont, à quelques exceptions près, fini en hausse. De leur côté, les places financières européennes se montraient également relativement sereines tandis que Wall Street ouvrait en hausse.

Du côté britannique, la livre sterling a accusé le coup suite à la perte de la majorité absolue des Conservateurs au Parlement, cédant du terrain par rapport aux principales devises (dollar US, euro, yen). Elle devrait rester le principal véhicule par lequel les investisseurs expriment leurs inquiétudes face à l’évolution de la situation politique outre-Manche.

Sur les marchés obligataires, les emprunts d’Etats britanniques (Gilts) sont soutenus par l’incertitude ambiante et par l’anticipation d’un statu quo monétaire prolongé de la Banque d’Angleterre. Les taux obligataires s’inscrivent ainsi en légère baisse. Enfin, majoritairement composé de valeurs actives à l’international, l’indice-vedette de la bourse de Londres (FTSE 100) profite de la faiblesse de la livre sterling pour engranger des gains. Cependant, un regain d’instabilité politique marqué est susceptible de plus que compenser l’impact positif perçu de la dépréciation de la livre sterling.



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