Management Server
Téléphone

Deutsche Bank

En résumé

  • Début 2017, nombreux sont les investisseurs à avoir placé leurs espoirs dans le dollar. Des espoirs déçus…
  • Pour des raisons à la fois économiques et politiques, c’est au contraire l’euro qui a progressé.
  • En 2018, nous nous attendons à ce que le dollar se reprenne, en tout cas partiellement.

Le cours du dollar est toujours inférieur aux prévisions. Que s'est-il passé ?

« Tout d'abord, le cours du dollar est effectivement inférieur aux prévisions, non seulement par rapport à l'euro, mais aussi face à d’autres devises. Ensuite, l'euro s'est beaucoup mieux comporté que prévu. Voilà pourquoi le binôme euro/dollar n'a pas évolué comme anticipé. »

Comment expliquer la bonne tenue de l'euro ?

« Primo, le contexte politique. Au début de l'année, des obstacles semblaient entraver l'avancée du projet européen. L'élection d'Emmanuel Macron à la présidence française a été une surprise, mais aussi une très bonne nouvelle pour le projet européen et la zone euro. Macron est un Européen convaincu. L'axe Paris-Berlin s'en est trouvé renforcé et les incertitudes qui planaient sur l'euro ont été balayées, du moins provisoirement. Aux Pays-Bas aussi, la vague populiste a été endiguée. Les élections allemandes ne se sont pas non plus soldées par un vote antieuropéen massif. Ça aussi, c'est une bonne nouvelle pour l'euro. »

Et le deuxième facteur ?

« Il est purement économique: la croissance européenne s'est fortement accélérée. Mais ce n'est pas tout, car le baromètre de la confiance des chefs d'entreprise reste au beau fixe. On pouvait s'attendre à un renforcement de la croissance européenne, mais pas à ce point. Or, la bonne santé d'une économie a un impact direct sur celle de sa devise. »

Abordons le revers de la médaille: les États-Unis.

« La situation outre-Atlantique est dominée par le phénomène Trump. Il avait promis de donner un coup de boost à l'économie US par des baisses d'impôts, des travaux d'infrastructure et une politique de dérégulation. Jusqu’à présent, aucune de ces promesses n'a été concrétisée. En début d'année, la croissance américaine a ralenti, passant même sous la croissance européenne. Cet essoufflement économique a eu un impact négatif sur le dollar. Depuis lors, les choses ont changé et l'économie de l'Oncle Sam a repris son rythme de croisière, supérieur à celui de l’Europe. Cette évolution aura un effet positif sur le cours du dollar. »

« Il y a par ailleurs un aspect plus technique, à savoir le différentiel de taux à deux ans entre la zone euro et les États-Unis. En temps normal, l'évolution de ce différentiel et le cours du dollar ont le même profil. C'est logique. Quand la différence grandit, une devise devient encore plus attrayante que l'autre. Comme ce différentiel s'est clairement accru en faveur du dollar au début de l'année 2017, on avait toutes les raisons de prédire un affermissement du billet vert. Cet effet d'aspiration ne s'est pas produit, et ce pour la première fois dans l'histoire. »

« En décembre, nous pensons que la Fed (la banque centrale américaine) augmentera son taux directeur une dernière fois pour cette année. Cette décision aura pour effet d'accroître encore davantage le différentiel avec la zone euro, ce qui pourrait donner un coup de fouet au dollar. Petit bémol toutefois, la hausse du taux directeur est attendue et son impact a donc déjà été intégré dans le cours du dollar. Voilà qui explique aussi le rétablissement du dollar par rapport à son taux le plus bas face à l'euro, début septembre. »

Quelles en sont les conséquences pour les investisseurs européens ?

« La différence se marque dans les graphiques des indices Stoxx600 et S&P500 pour 2017 (voir ci-dessous). Le Stoxx600 a généré un gain moyen de 6% à fin novembre. Un investisseur américain qui aurait opté pour le Stoxx600 aurait, lui, vu son bénéfice grimper à 18%, uniquement grâce à la faiblesse du cours du dollar. »

« À l'inverse, le gain moyen sur l’indice S&P500 américain était de 15% à fin novembre, mais, du fait de la force de l'euro, ce gain a fondu pour l'investisseur européen. De ces 15% de gain en dollar, il ne restait que 5% en euro. En 2016, on avait eu l'effet inverse en raison de l'appréciation du dollar. Ce n'est malheureusement plus le cas en 2017. »

Comment voyez-vous l'avenir ?

« L'Europe a retrouvé un bon rythme. La surprise pourrait venir des USA, si les initiatives promises par Trump venaient à être concrétisées. Le dollar s'en trouverait boosté et pourrait au minimum combler ses pertes. La progression restera toutefois plus modeste que prévu, précisément en raison de la bonne santé de l'économie européenne. »

Cette thématique vous intéresse ?

Appelez nos spécialistes de Talk & Invest au numéro 078 156 157.
Prenez rendez-vous dans votre Financial Center au numéro 078 155 150.

Articles liés