Management Server
Téléphone

Deutsche Bank

En résumé

  • La Fed a laissé son taux directeur inchangé le 20 septembre, mais prévoit toujours une hausse de taux supplémentaire avant la fin de l’année, suivie de trois autres l’an prochain.
  • Sa présidente Janet Yellen a confirmé le démarrage du resserrement quantitatif (Quantitative Tightening) à partir du 1er octobre, tout en affichant son optimisme pour la croissance.
  • Cette volonté affichée par la Fed d’aller de l’avant dans le cycle de normalisation des taux a pris les marchés de court.

Quelles ont été les principales décisions de la Fed ?

C’est peu dire que les marchés financiers attendaient avec impatience les décisions de la Réserve fédérale (Fed) à l’issue de sa réunion de septembre. Comme anticipé, la Fed a laissé ses taux directeurs inchangés dans leur fourchette de 1% à 1,25%. Elle a également annoncé ses plans pour commencer à réduire son énorme bilan (4.500 milliards de dollars).

La Fed commencera son resserrement quantitatif (Quantitative Tightening) à partir du 1er octobre en cessant progressivement le réinvestissement des titres arrivant à échéance. Pour ce faire, elle réduira initialement la taille de son bilan de 10 milliards de dollars par mois au 4e trimestre 2017 (6 milliards en Bons du Trésor US et 4 milliards en obligations adossées à des créances hypothécaires). Ensuite, la Fed prévoit d’augmenter ce montant par paliers de 10 milliards de dollars tous les 3 mois jusqu’à un maximum de 50 milliards de dollars par mois, plafond qui sera donc atteint au dernier trimestre 2018.

La Fed a par ailleurs affiché son optimisme pour la croissance. Dans ses prévisions économiques mises à jour, elle a en effet relevé sa prévision médiane pour la croissance du PIB en 2017 (de 2,2% à 2,4%) et confirmé celle pour 2018 (2,1%). Par ailleurs, la Fed a également abaissé ses projections pour le taux de chômage en 2018 et en 2019 (de 4,2% à 4,1%). Enfin, la prévision médiane d’inflation en 2017 n’a pas changé (1,6%) alors que celle pour 2018 est passée de 2% à 1,9%. Pour l’inflation, la décision de la Fed d’effectuer des révisions minimes à ses prévisions pour le ‘core PCE’ (sa mesure d’inflation favorite) reflète son sentiment que la baisse récente de l’inflation est temporaire et que l’inflation de base devrait graduellement remonter pour atteindre l’objectif de 2% en 2019.

Enfin, et c’est le plus important, en ce qui concerne les taux d’intérêt, la Fed prévoit toujours de procéder à une hausse de taux supplémentaire avant la fin de l’année, suivie de trois autres l’an prochain. La Fed a cependant abaissé son estimation pour le taux directeur neutre à long terme de 3% à 2,75%.

La réaction des marchés

La réaction des marchés indique que les commentaires et les prévisions de la Fed ont été un peu plus « hawkish » que prévu. Ceci a notamment été perceptible dans l’évolution des taux d’intérêt US : le taux américain à 10 ans a fini en hausse de 2 points de base alors que le taux américain à 2 ans a atteint son niveau le plus élevé depuis novembre 2008 (1,43%). En outre, la probabilité d’assister à une hausse de taux en décembre est passée de 50% avant la réunion de la Fed à plus de 60% après celle-ci.

Si les marchés d’actions US ont clôturé proche de l’équilibre, on notera cependant la progression du secteur financier (corrélation positive avec les taux d’intérêt). Sur le marché des changes, le billet vert a réagi positivement aux messages de la Fed et à la hausse des taux d’intérêt en gagnant 1% par rapport à l’euro (taux de change EUR/USD proche de 1,19). Enfin, l’or a perdu un peu de son éclat en s’échangeant à son plus bas niveau depuis fin août (+/- 1.300 dollars l’once).

Le processus de normalisation se poursuit

Dans nos dernières publications, nous avions insisté sur le fait que les marchés sous-estimaient la probabilité d’une nouvelle hausse de taux de la Fed avant la fin de l’année. La volonté affichée par la Fed d’aller de l’avant dans le cycle de normalisation des taux les a en partie pris de court. Après la réunion de septembre, nous sommes confortés dans notre anticipation d’assister à au moins deux hausses de taux supplémentaires aux Etats-Unis au cours des 12 prochains mois. Cette vue s’appuie sur l’accélération attendue de la croissance économique et le caractère temporaire de la faiblesse récente de l’inflation, même s’il faudra encore patienter avant de voir l’inflation retrouver des niveaux plus convenables.

Si les données économiques risquent d’être volatiles ces prochaines semaines suite aux ouragans Harvey, Irma et Maria, les effets de ces catastrophes naturelles sur l’économie devraient néanmoins être passagers et selon la Fed « ne pas altérer le cours de l’économie nationale à moyen terme ». En outre, les investisseurs devront également rester attentifs aux changements à venir à la tête de la Fed : non seulement la Présidente Janet Yellen pourrait être remplacée lorsque son mandat expirera en février 2018 mais 4 gouverneurs supplémentaires pourraient être nommés par le président Trump pour pourvoir les postes vacants.

Politique monétaire : plutôt « faucon » ou « colombe » ?

Les termes « hawkish » et « dovish » sont généralement utilisés pour décrire l’orientation de la politique monétaire d’une banque centrale.

Faisant référence au faucon, le terme « hawkish » indique qu’une banque centrale est plutôt encline à relever ses taux d’intérêt, par exemple pour assurer la stabilité des prix.

Faisant référence à la colombe, le terme « dovish » signale pour sa part qu’une banque centrale est plutôt encline à abaisser ses taux d’intérêt – ou qu’elle n’est pas pressée de les relever rapidement – pour stimuler la croissance économique.

Articles liés