En résumé

  • La croissance économique va ralentir à travers le monde et sera moins synchronisée, mais elle devrait rester supérieure à celle de la période 2012-2016.
  • Nous estimons que la probabilité d'une récession aux États-Unis est faible. Pour la zone euro, nous anticipons une croissance modérée et une diminution du chômage.
  • Le ralentissement de la croissance devrait être moindre dans les pays émergents que dans les pays développés.

Bien que les perspectives pour 2019 aient été revues à la baisse, la croissance mondiale prévue (3,6%) reste relativement solide. Il n’est pas question à ce stade d’un ralentissement significatif de la croissance économique.

Les principaux risques pour la croissance sont une recrudescence des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et un durcissement des conditions financières à l’échelle globale, qui rendrait l’accès au crédit plus difficile.

Au rayon des bonnes nouvelles, un cessez-le-feu temporaire a été convenu dans le différend commercial entre les USA et la Chine. Nous continuons de penser qu’une nouvelle escalade du conflit est évitable. Cependant, compte tenu du côté imprévisible du président Trump, le vent peut rapidement tourner.

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États-Unis : une croissance robuste

L’économie américaine reste en bonne forme, soutenue par une situation de plein emploi et un niveau de confiance élevé chez les consommateurs et les entreprises. La croissance de 2018 dépassera probablement les 3%. Nous prévoyons néanmoins un ralentissement de la croissance à 2,4% en 2019. La hausse des taux d’intérêt se fera progressivement ressentir davantage, ce qui est déjà le cas sur le marché immobilier. L’effet positif des baisses d’impôts du début 2018 disparaîtra aussi peu à peu.

La croissance restera toutefois supérieure à son potentiel et le risque d’une récession en 2019 est très faible. Dans cet environnement, nous anticipons que la Réserve fédérale (Fed) continuera de relever ses taux d’intérêt avec prudence et non plus ‘automatiquement’ tous les trimestres.

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Zone euro : croissance malgré un ralentissement

Au cours des derniers mois, la zone euro a connu un net ralentissement. Il était attendu, après une année 2017 exceptionnellement forte. L’économie allemande s’est contractée au troisième trimestre, principalement en raison d’une baisse (temporaire, mais substantielle) de la production dans le secteur automobile. Ce dernier doit s’adapter aux nouvelles normes d’émission, plus strictes.

L’économie italienne a également affiché une croissance négative, en raison de l’incertitude politique qui a conduit les Italiens à adopter une attitude attentiste. La croissance devrait rester en berne si d’importantes réformes structurelles, notamment dans le domaine des retraites et du marché de l’emploi, sont suspendues.

Malgré ce ralentissement, nous prévoyons toujours une croissance modérée de la zone euro en 2019. Le marché de l’emploi devrait continuer à s’améliorer, avec une baisse du chômage et une augmentation progressive des salaires.

La Banque centrale européenne (BCE) a mis fin à son programme d’achat d’obligations en décembre 2018, mais sa politique monétaire continuera à stimuler l’économie. En effet, l’inflation de base reste faible et la croissance économique a quelque peu ralenti. Les taux d’intérêt resteront donc bas pendant une période prolongée.

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Royaume-Uni : un saut dans l’inconnu

L’économie britannique a réussi à surprendre positivement au 3e trimestre, grâce à la bonne tenue de la consommation privée. Cela s’explique en partie par « l’effet Coupe du monde » et en partie par l’augmentation des salaires. Les exportations ont également enregistré une solide performance.

À terme, cette croissance n’est toutefois pas tenable. L’incertitude entourant le Brexit pèse fortement sur l’économie britannique, notamment parce que les entreprises retardent leurs investissements en attendant d’y voir plus clair. Le secteur des services – très important pour le Royaume-Uni – et le marché immobilier londonien sont également sous pression.

La Banque d’Angleterre a récemment publié une étude sur l’impact d’un Brexit dur. Il entraînerait une contraction de l’économie de 8% sur un an. La livre sterling perdrait un quart de sa valeur et l’inflation dépasserait les 6%.

Il est clair que le Brexit est un saut dans l’inconnu et que l’économie sera moins bien lotie que si le Royaume-Uni était resté dans l’UE. Même si une sortie désordonnée de l’UE est évitée, le pays restera dans le bas du classement des pays du G7 en termes de croissance en 2019.

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Pays émergents : ralentissement limité de la croissance

Comme pour les États-Unis et l’Europe, nous prévoyons un ralentissement de la croissance économique pour les pays émergents en 2019. Néanmoins, ce ralentissement sera plus limité que dans les pays développés. De plus, les pays émergents forment un groupe très hétérogène: chaque pays a une dynamique et des défis qui lui sont propres, et ressent différemment l’impact des tensions commerciales mondiales et de l’appréciation du dollar US.

La croissance restera forte en Asie, contrairement à l’Amérique latine. Les risques politiques y sont plus limités, les fondamentaux économiques y sont plus solides grâce aux réformes menées et la classe moyenne s’y développe rapidement.

Pour la Chine, nous prévoyons un ralentissement de la croissance à un niveau – encore respectable – de 6%. Le gouvernement chinois dispose d’une marge de manœuvre suffisante pour permettre à l’économie d’atterrir en douceur. Des mesures ont déjà été prises ces derniers mois pour stabiliser l’économie. Compte tenu de la “pause” intervenue dans le conflit commercial avec les États-Unis, elles auront plus de temps pour porter leurs fruits.

L’Inde voisine fait exception à la règle, avec une accélération attendue de la croissance en 2019, grâce à la fermeté de la consommation privée et aux entreprises, qui devraient investir davantage. Dans la période précédant les élections législatives de 2019, nous nous attendons également à de nouvelles mesures de relance du gouvernement.

En Indonésie aussi, la croissance domestique reste bien orientée, malgré la politique monétaire plus stricte suivie par la banque centrale indonésienne – la plus active en Asie – pour stabiliser la devise.

Jair Bolsonaro a été élu 38e président du Brésil. Après deux années de profonde récession (2015-2016), la croissance économique reste modérée. Le taux de chômage a légèrement diminué, mais il reste très élevé (environ 12%) et le climat social reste tendu. La dette publique a, de son côté, grimpé à 75% du produit intérieur brut en raison de dépenses très élevées pour payer les retraites.

La première tâche de M. Bolsonaro consistera à mener à bien la réforme des retraites. Cette réforme est absolument nécessaire pour assainir le budget et stabiliser la dette. En outre, certaines réformes économiques sont requises pour accroître la productivité et redynamiser à terme la croissance. La tâche s’annonce très difficile, ce qui nous incite à la prudence quant aux perspectives économiques du Brésil en 2019.

Perspectives de croissance 2018 – 2019
Croissance réelle du PIB, en %

  2018 2019
Monde 3,7 3,6
États-Unis 3,1 2,4
Zone euro 1,9 1,6
Allemagne 1,7 1,5
Royaume-Uni 1,3 1,5
Japon 1,0 0,8
Chine 6,5 6,0
Inde 7,5 8,0
Brésil 1,2 2,0
Russie 1,7 1,5

Source: Deutsche Bank Wealth Management, décembre 2018.

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