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En résumé

  • Le moteur américain continue à tourner à plein régime. Il est plus proche de la surchauffe que du ralentissement.
  • La zone euro poursuit son expansion, malgré les incertitudes liées au budget italien et au Brexit.
  • Dans les pays émergents, le conflit commercial USA-Chine pèse sur les perspectives. Avec toutefois des divergences notables selon les régions.

L’économie mondiale reste solide, malgré plusieurs obstacles. Le pic de la croissance est derrière nous et, dans les pays émergents notamment, la dynamique a quelque peu ralenti. La croissance mondiale restera cependant à un bon niveau cette année et en 2019.

Le principal risque pour la croissance est une nouvelle escalade du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Jusqu’à présent, l’impact négatif sur la croissance des taxes à l’importation est gérable, mais la situation pourrait changer si le président Trump poursuit son offensive et taxe fortement des montants plus conséquents d’importations chinoises à l’avenir.

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Les États-Unis tournent à plein régime

L’économie américaine est en passe de signer la plus longue période d'expansion de son histoire. La confiance des entreprises et des consommateurs est excellente, le chômage est très bas et les réductions d’impôts ont donné un coup de fouet supplémentaire à la demande intérieure.

Le risque d’une surchauffe de l’économie est plus élevé que celui d’une récession. La Fed, qui a porté son taux directeur dans une fourchette comprise entre 2% et 2,25% à la fin septembre, devrait poursuivre la normalisation de sa politique monétaire en relevant à nouveau les taux d’intérêt ces prochains trimestres et en continuant à réduire la taille de son bilan.

Les élections du Congrès américain début novembre ('mid-terms') constituent une échéance importante. Les Démocrates ont de bonnes chances de récupérer la majorité à la Chambre, mais ce sera plus compliqué pour le Sénat. Si les Républicains venaient à perdre leur majorité au Congrès, cela constituerait un frein important à la politique de Donald Trump. L’impact économique des élections devrait toutefois être limité.

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La zone euro : mieux que prévu

Dans la zone euro, depuis le début de l’année, la situation est meilleure que prévu. La croissance économique est plus faible qu’en 2017, mais l’expansion se poursuit grâce à la consommation privée et aux investissements des entreprises. Le marché de l’emploi continue également de s’améliorer. Des pays comme l’Espagne, les Pays-Bas et l’Irlande connaissent une forte croissance. L’économie allemande se porte aussi relativement bien, malgré les tensions commerciales avec les États-Unis. L’Italie, troisième économie de la zone euro, reste toutefois en retrait avec une croissance en deçà de la moyenne. La volonté de Rome de stimuler la croissance par une forte relance des dépenses publiques risque cependant de rencontrer une ferme opposition de l’UE.

Pour la Banque centrale européenne (BCE), il n’y a pour le moment pas lieu de changer de cap. L’inflation de base reste en effet très basse. La politique monétaire très souple, la poursuite de la croissance et l’augmentation des salaires devraient petit à petit changer la donne. Le programme de rachat d’obligations devrait s’arrêter d’ici la fin de l’année, mais nous n’attendons aucune hausse de taux avant la fin de l’été 2019.

En ce qui concerne le Brexit, un accord de dernière minute devrait être conclu en fin d’année. Les modalités pratiques de la future relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (union douanière, services, immigration…) ne seront probablement fixées qu’au cours de la période de transition (de mars 2019 à fin 2020).

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Le Japon: ralentissement de la croissance en vue

L’économie japonaise se porte relativement bien, grâce surtout à la hausse des investissements des entreprises. Ces dernières font face à une pénurie de main-d’œuvre et investissent donc massivement dans l’automatisation. L’absence d’inflation signifie également que la banque centrale japonaise va poursuivre sa politique monétaire très souple afin de stimuler l’économie. Même si les investissements vont demeurer un moteur de croissance (investissements en technologie, nombreux investissements prévus à l’approche des Jeux olympiques de 2020), nous pensons que la vigueur récente de la croissance n’est pas durable.

Le Japon continue de faire face à des problèmes structurels (par exemple au niveau démographique) et la consommation privée reste modérée. Les catastrophes naturelles qui ont récemment frappé l’Archipel devraient aussi peser sur la croissance. Le Japon est également vulnérable à l’éventuelle escalade du conflit commercial avec les États-Unis. L’économie japonaise et le secteur automobile sont en effet très orientés vers les exportations.

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Les pays émergents : en ordre dispersé

Les pays émergents font face à un nombre croissant de défis. Le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine pèse sur le sentiment. Cette situation a également des répercussions sur les autres pays émergents, qui exportent souvent vers la Chine. De plus, la hausse des taux aux États-Unis et le renchérissement du billet vert rendent les refinancements plus compliqués pour les pays ayant un endettement important en dollars. Des pays comme la Turquie et l’Argentine ont des fondamentaux économiques faibles. Ils sont fortement dépendants des capitaux étrangers pour financer leur croissance et affichent des dettes externes élevées. Ces pays devraient voir leur croissance ralentir fortement.

Tous les pays émergents ne sont toutefois pas à mettre dans le même sac. Les risques de contagion devraient se limiter aux pays les plus fragiles. Malgré une dynamique de croissance moins forte, les perspectives pour les pays émergents restent relativement bonnes, surtout en Asie, où une croissance moyenne de plus de 6% est attendue. Les pays émergents d’Asie ont généralement des fondamentaux économiques plus solides et les risques politiques y sont moindres qu’en Amérique latine, par exemple. En outre, la Chine a déjà pris plusieurs mesures afin de maintenir la croissance à niveau, comme l’assouplissement des crédits et l’accélération des autorisations pour de nouveaux travaux d’infrastructure.

Perspectives de croissance pour 2018–2019 (PIB réel, en %)

2018 2019
Monde 3,8 3,8
États-Unis 2,9 2,4
Zone euro 2,0 1,8
Allemagne 1,9 1,8
Royaume-Uni 1,4 1,6
Japon 1,1 1,0
Chine 6,5 6,0
Inde 7,5 8,0
Brésil 1,5 2,0
Russie 1,8 1,8

Source: Deutsche Bank Wealth Management, septembre 2018

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