La Chine entre dans l’année du coq de feu

La Chine entre dans l’année du coq de feu


Le 28 janvier dernier, la Chine a connu le plus grand mouvement migratoire annuel au monde. Des centaines de millions de Chinois sont rentrées dans leur famille pour célébrer le Nouvel An chinois. Après une année 2016 « du singe » marquée par la crainte de voir l’économie chinoise atterrir brutalement, place à un autre signe de feu, celui du coq. S’il est un symbole de fierté, le coq est également réputé pour son caractère pugnace et susceptible.

Flash-back: début 2016, les marchés financiers chinois chutaient lourdement, entraînant dans leur sillage les principales places financières de la planète. En cause, des inquiétudes grandissantes sur l’état de santé de l’économie chinoise, moteur de la croissance mondiale, et sur la capacité de Pékin de pouvoir relancer la machine. Chute de la croissance, plongeon des prix des matières premières et dévaluation du yuan ont véritablement cueilli à froid les investisseurs, qui ont massivement quitté les marchés des actions. Un an plus tard, à l’heure de passer dans l’année du coq de feu, les bourses ont repris des couleurs, et l’économie chinoise a évité un atterrissage forcé.

Quelles sont aujourd’hui les perspectives pour la Chine ?

L’objectif avoué du gouvernement chinois pour 2017 est de promouvoir la stabilité financière et économique tout en maintenant une croissance soutenue. Pour ce faire, Pékin va tout mettre en œuvre pour réduire les barrières à l’accès des marchés financiers, leur permettant de jouer pleinement leur rôle de source de financement et de soutien à l’économie. Pékin continue donc de réorienter son économie, en stimulant la demande intérieure et en diminuant sa dépendance aux exportations. Plutôt que de miser sur une croissance basée sur la production industrielle, la Chine a compris qu’elle devait se centrer sur son marché intérieur et notamment le secteur des services et la consommation privée, ce qui à long terme devraient lui permettre d’avoir une croissance économique beaucoup plus stable et solide. Si les réformes vont dans le bon sens et devrait permettre à la Chine de garder une croissance supérieure à 6.5% en 2017, des secousses semblent inévitables. A court terme, la refonte structurelle de l’économie chinoise va se traduire par des pics de volatilité. Un autre élément qui pourrait venir freiner les efforts du gouvernement est le marché de l’immobilier qui est par endroits en surchauffe.

« Pékin va tout mettre en œuvre pour réduire les barrières à l’accès des marchés financiers, leur permettant de jouer pleinement leur rôle de source de financement et de soutien à l’économie. »

Et les marchés financiers dans tout ça ?

Le vaste programme de réformes initié par le gouvernement progresse mais il faudra du temps à la Chine pour transformer complètement son économie. Les marchés des actions devraient donc suivre avec attention ces développements. Les perspectives d’une amélioration de la croissance mondiale et de bonnes statistiques économiques ont permis aux bourses chinoises de bien commencer l’année. Les efforts du gouvernement pour soutenir la demande intérieure et la politique fiscale expansionniste devraient permettre une hausse des bénéfices des sociétés chinoises. Dans l’optique d’un investissement en Asie, les valorisations des actions chinoises nous semblent attrayantes et le momentum devrait rester favorable. Cependant, comme en 2016, la volatilité va continuer d’accompagner les marchés. Les désirs de protectionnisme du nouveau président des Etats-Unis est vu d’un mauvais œil du côté chinois. Dans le même temps, Donald Trump critique ouvertement Pékin, qu’il accuse de dévaluer le yuan pour rendre ses sociétés plus compétitives. Le bras de fer a commencé mais ne devrait voir aucun gagnant en cas de guerre commerciale.



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