En résumé

  • La BCE met fin à ses achats nets dans le cadre de son programme de rachat d’actifs à la fin décembre.
  • Elle a rappelé que les taux directeurs resteraient inchangés jusqu’à l’été 2019.
  • Les marchés s’attendaient à cette décision et ont réagi de manière mitigée.
  • Nous nous attendons à une stabilisation du taux de change EUR/USD autour de 1,15.
  • A présent que le bilan des 4 plus grandes banques centrales va fondre, nous nous attendons à un impact progressif sur l’équilibre entre l’offre et la demande, qui ne serait donc pas susceptible de perturber les marchés.

Que s'est-il passé?

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce jeudi 13 décembre qu'elle arrêterait à la fin 2018 ses rachats nets d’actifs dans le cadre de son programme de rachat d’actifs. Elle a d’autre part répété qu’elle ne toucherait pas à ses taux directeurs avant l’été 2019. La décision d’arrêter le programme de rachats nets d’actifs est en ligne avec les annonces précédentes de la BCE et était largement attendue par le marché.

Selon la BCE, le produit des titres arrivant à échéance sera intégralement réinvesti "pour une période prolongée au-delà de la date à laquelle elle commencera à relever les taux directeurs". Il est donc très peu probable que la BCE commence à assainir son bilan en 2019. En ce qui concerne le lancement d’une nouvelle vague d'opérations ciblées de refinancement à plus long terme (« TLTRO » en jargon financier), le président Mario Draghi a déclaré lors de la conférence de presse que le conseil des gouverneurs de la BCE continuerait de réfléchir à cette question.

M. Draghi a répété que les risques macro-économiques sont en général équilibrés. Il a ajouté que les risques ont cependant augmenté récemment. En conséquence, la BCE a légèrement abaissé ses prévisions de croissance pour la zone euro pour 2018 (de 2% à 1,9%) et pour 2019 (de 1,8% à 1,7%). Lesprévisions d’inflation ont quant à elles été légèrement ajustées pour 2018 (de 1,7% à 1,8%) et 2019 (de 1,7% à 1,6%).

Quelle a été la réaction des marchés ?

La fin des rachats nets d’actifs était largement attendue, malgré des signaux récents de ralentissement macro-économique. Par conséquent, la réaction des marchés a été contenue et a mené à une petite diminution du taux de change EUR / USD. Le rendement des obligations allemandes a légèrement varié (dans une fourchette de 3 bps soit 0,03%) après la décision. Les taux des obligations d’Etat italiennes à 10 ans ont augmenté de 7 points de base (0,07%) après que M. Draghi ait déclaré que l’assouplissement des conditions financières pourrait à son tour conduire à une reprise de la croissance permettant à la BCE de relever ses taux. Pendant ce temps, les marchés boursiers semblaient peu impressionnés et n’ont pas vraiment montré de réactions.

Notre analyse

La fin des rachats nets d'actifs par la BCE était prévisible et ses conséquences immédiates semblent limitées. Avec des taux directeurs inchangés et le réinvestissement intégral des montants arrivant à échéance, le resserrement monétaire sera dépendant des données, progressif et très doux. Des mesures supplémentaires telles que le « TLTRO » pourraient être réintroduites si nécessaire. Par conséquent, les conditions financières restent très accommodantes en zone euro avec des taux d'intérêt réels en territoire largement négatif. La BCE suit la Fed qui a quitté son programme d'assouplissement quantitatif il y a quatre ans, a relevé son taux d'intérêt déjà huit fois depuis lors et a également commencé à alléger son bilan. L'accroissement de l’écart entre les taux américains et les taux européens depuis lors – un facteur important expliquant la force du dollar US – devrait bientôt prendre fin. Nous nous attendons donc à une stabilisation du taux EUR/USD autour de 1,15 au cours de l'année prochaine.

Un tournant dans la politique monétaire mondiale

Plus largement, la fin des rachats nets d’actifs par la BCE marque un tournant dans la politique monétaire mondiale. Le bilan agrégé des banques centrales des quatre plus grands marchés développés (Fed, BCE, Banque du Japon et Banque d’Angleterre) commencera à décroître en 2019, après une expansion massive au cours de la dernière décennie. Cela aura un impact sur l’équilibre entre l'offre et la demande sur les marchés mondiaux. Toutefois, cet impact sera plutôt facilitateur que perturbateur. Au cours des 12 prochains mois, nous nous attendons à ce que le rendement à 10 ans du Bund allemand et des obligations d’Etat américaines augmente par rapport à leurs niveaux actuels de 0,27% et 2,9% à respectivement 0,8% et 3,25%. La hausse des rendements des emprunts d'Etat devrait ainsi au moins partiellement inverser la chasse au rendement (en particulier aux États-Unis). Par conséquent, nous sommes moins positifs dans le domaine des obligations d’entreprises (catégories « Investment Grade » et « High Yield »).

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