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Sur les marchés, plusieurs facteurs de risque ont disparu

Kaldemorgen


Les conseils de Klaus Kaldemorgen

  • Priorité à l'Europe et au Japon
  • Mieux vaut investir européen que britannique
  • Ne pas investir dans les pays émergents
  • Opter pour un fonds mixte flexible

Les marchés boursiers ont bien commencé l'année. Une embellie durable? Le gestionnaire de fonds allemand Klaus Kaldemorgen nous livre ses prédictions.

Au scepticisme de la fin de l'année 2016 ont succédé plusieurs mois d'embellie. Comment voyez-vous l'avenir ?

Klaus Kaldemorgen: «La plupart des facteurs de risque auxquels nous nous étions préparés ont disparu, surtout en Europe. Des incertitudes subsistent en revanche aux États-Unis, telles que l'augmentation des taux directeurs de la Fed et la grande réforme fiscale annoncée par Donald Trump. Je distingue des tendances positives, comme le faible niveau de volatilité, mais nous devons rester vigilants. »

Quelle est la situation en Europe?

« Aujourd'hui, la situation politique en Europe est beaucoup plus stable qu'il y a quelques semaines. Les indicateurs économiques sont prometteurs. Le cours des actions a déjà intégré une croissance modeste mais stable. Je ne vois pas pour autant les bourses partir à la hausse. Pour cela, il faudrait d'autres très bonnes nouvelles. »

Vous êtes moins enthousiaste par rapport aux États-Unis?

« Il faut attendre les décisions concrètes de l'administration Trump, au lendemain de l'annonce de la réforme fiscale et d'America First. Jusqu’où Trump poussera-t-il sa politique restrictive et protectionniste? Des résultats positifs auront pour effet de booster les marchés, mais une nouvelle correction de faible ampleur devrait toucher les États-Unis dans le cas contraire. »

Les conséquences du Brexit semblent être limitées?

« Le Brexit sera un long chemin de croix, qui ne fera que des perdants. Les conséquences seront toutefois moins douloureuses pour l'Europe que pour le Royaume-Uni. Voilà pourquoi je n'investirais pas pour l'instant en Grande-Bretagne. En bout de course, la zone euro se sortira mieux du Brexit que le Royaume-Uni. »

Que pensez-vous des pays émergents, et notamment de la Chine?

« Les derniers chiffres indiquent un léger ralentissement de la croissance chinoise. Personnellement, je n'investirais pas prioritairement dans les pays émergents. Mes centres de gravité sont plutôt l'Europe et le Japon. L'évolution des prix pétroliers est une autre source d'incertitude, en raison de l'augmentation de l'offre américaine. L'OPEP va probablement prendre des mesures de réduction de la production d’or noir, afin de contrebalancer les importations américaines. Pour les pays producteurs, le prix du pétrole peut représenter une menace. »

Quels conseils adressez-vous aujourd'hui à l'investisseur lambda?

« Placez votre argent dans un fonds mixte qui investit avec flexibilité dans différentes classes d'actifs. Ce type de fonds profite de la hausse des cours, mais se prémunit aussi de certains risques. Actuellement, il n'y a plus de 'bonnes affaires' à réaliser. Sauf peut-être dans des secteurs plus défensifs, à croissance lente, comme les technologies et les soins de santé. Les premiers mois de l'année ont été fantastiques, mais je me demande si cela va durer. Le marché est 'priced for perfection'. Les investisseurs devront être attentifs au moindre signe de faiblesse. »

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