Management Server
Téléphone

Deutsche Bank

En résumé

  • Juan Nevado (gestionnaire de fonds chez M&G Investments) limite son exposition aux marchés US.
  • Il perçoit un potentiel en Corée du Sud, Turquie, Russie et Europe, et des opportunités de croissance dans les secteurs bancaire, pétrolier et minier.
  • Il estime que le risque de ralentissement de la Chine est sous-estimé.

Après un mois d'août volatil, les investisseurs s’apprêtent à vivre la rentrée avec intérêt, plusieurs événements étant susceptibles d’influencer les marchés financiers.

Vous avez plus de 25 ans d'expérience sur les marchés financiers. L'année 2017 a-t-elle été exceptionnelle jusqu’à présent ?

“Pour ce qui est des performances en devise locale, les marchés sont actuellement en bonne posture, et ce, tant pour les actions que pour les obligations d'entreprises et d'État. Que ces trois catégories affichent des chiffres positifs n'a rien d’exceptionnel, même si cela reste remarquable.”

“Autre caractéristique de 2017, les (légères) hausses de taux de quelques banques centrales sont un signe officiel du regain de confiance dans l'économie.”

“La volatilité extrêmement faible est un autre fait remarquable. Jusqu’à présent, seules les tensions en Corée du Nord et au Brésil ont quelque peu ébranlé les bourses.”

Nous vivons une des plus longues périodes de hausses boursières de l'histoire. Cela vous rend-il nerveux ?

“Nerveux, non. Prudent, oui. De nombreux investisseurs sont en alerte en raison de la disparité entre les marchés américains et le reste du monde. En ce moment, les actions américaines sont valorisées en moyenne deux fois plus cher qu'ailleurs. Je ne pense pas que les marchés américains vont s'écrouler subitement, mais je conseillerais malgré tout de réduire fortement l'exposition aux actions américaines. Il y a davantage de potentiel ailleurs.”

Quels grands défis ou dangers percevez-vous pour la période à venir ?

“Surtout les risques que le marché prend peu en considération. Il y a un an et demi, on craignait que l'économie chinoise ne s'effondre. Cette inquiétude a presque totalement disparu auprès des investisseurs. Selon moi, l'effondrement de l'économie chinoise et l'accroissement de l'endettement restent cependant un facteur de risque majeur.”

“Un deuxième facteur auquel j'accorde une attention particulière, c'est la politique et le ton des banques centrales. Mais lorsque le taux d'inflation et, par conséquent, les hausses de taux sont plus élevés que prévu, cela peut provoquer une onde de choc sur les marchés. Je ne dis pas que cela entraînera forcément une hausse de taux inattendue. Mais si elle se produit, mieux vaut y être préparé. À cela s'ajoute le fait qu'en 2018, la Fed va réduire son bilan, et que la BCE ralentira probablement son programme d’achat d’obligations. Ce sont là des acheteurs importants qui disparaissent. La répercussion de ces interventions sur les marchés est difficile à évaluer pour l'instant.”

Quelles opportunités entrevoyez-vous ?

“La Corée du Sud, la Turquie, la Russie et l'Europe sont des marchés plutôt sous-évalués, mais dont les indicateurs économiques sont probants. Leurs perspectives sont meilleures que celles des États-Unis, mais leur valorisation est 2 à 2,5 fois inférieure.”

“Je perçois aussi des opportunités dans le secteur bancaire, lui aussi faiblement valorisé alors que les réformes du secteur vont dans la bonne direction. Le secteur minier/pétrolier me semble également attrayant.”

En tant que gestionnaire de fonds, vous tentez chaque jour de percevoir la situation au-delà des émotions du marché. Comment faites-vous pour évaluer rationnellement les risques et opportunités ?

"C'est un ensemble de différents facteurs. D'abord, j'observe l'ampleur d'une variation de cours et le laps de temps dans lequel le cours fluctue. Un marché qui se contracte de 20% en trois ans, ce n'est pas la même chose qu'un marché qui chute de 20% en trois mois. Dans ce dernier cas, en tant qu'investisseur, vos signaux d'alarme doivent se déclencher, car les indicateurs fondamentaux baissent rarement autant : il est très improbable que l'inflation augmente de 20% ou que l'économie se contracte subitement de 20%."

"Il est important de bien comprendre les paramètres qui effraient les marchés et la façon dont ils les ‘contaminent’. Mais il est encore plus important d'analyser les indicateurs économiques sous-jacents. Un exemple ? Au lendemain du tsunami de 2011, les bourses du monde entier ont été contaminées par une vague de ventes sur la bourse japonaise. Les cours ont dégringolé presque partout, mais les indicateurs fondamentaux se sont plutôt maintenus. C'était donc une opportunité d'achat d'actions non japonaises."

Imaginons que je sois un nouvel investisseur. Quel serait votre conseil le plus judicieux ?

“C'est simple : le plus grand risque que vous puissiez prendre en tant qu'investisseur, c'est de ne pas investir. À l'heure actuelle, déposer de l'argent sur votre compte d'épargne vous fait perdre du pouvoir d'achat. Le taux sur le livret d'épargne moyen est largement inférieur à l'inflation. En outre, si vous n'investissez pas, vous manquez l'opportunité de récolter les fruits de la croissance économique mondiale actuelle."

Vous souhaitez discuter des opportunités qui s'offrent à votre portefeuille ?

Contactez nos spécialistes de Talk & Invest au 078 156 157
Prenez rendez-vous dans votre Financial Center au 078 155 150

Articles liés