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Tout le monde se plaint de l’inflation, qui serait trop faible. Pourtant, l’économie et l’emploi se portent bien. Alors, où est le problème ?

Une inflation faible est pourtant un vrai problème. L’inflation est un paramètre important de la croissance économique, car elle influence le comportement des consommateurs. Traditionnellement, les banques centrales tentent de maintenir l’inflation aux alentours de 2%. L’histoire montre que, quand l’inflation est stabilisée à ce niveau, les ménages ne consomment ni trop ni trop peu. Quand l’inflation est proche de 0%, les ménages consomment trop peu. Comme le prix des produits n’augmente pas, pourquoi acheter aujourd’hui plutôt que demain ? Dans ce cas de figure, les stocks s’accumulent, la production diminue et la croissance économique ralentit.

À l’inverse, lorsque l’inflation atteint 4 ou 5%, un effet ‘boule de neige’ s’enclenche. Les ménages achètent au plus vite, car le prix des produits augmente de jour en jour. La production ne parvient pas à suivre, l’emploi est en plein boom et l’économie surchauffe. Jusqu’au moment où la baudruche se dégonfle d’un coup.

Pourquoi l'inflation est-elle si faible ?

Une inflation de 2% est considérée comme idéale pour le comportement des consommateurs et les investissements des entreprises, en favorisant une croissance économique stable. Ce qui est étrange dans la situation actuelle, c’est que la croissance économique est au rendez-vous. Cette croissance devrait normalement générer de l’emploi. Les travailleurs devraient être plus ‘chers’, avec pour effet de doper l’inflation. Mais ce scénario ne se concrétise pas.

Comme explication, on pourrait avancer le perfectionnement des méthodes de production, la numérisation et l’automatisation, qui permettent d’accroître la production sans engager du personnel supplémentaire. Mais il ne s’agit que d’une hypothèse.

La BCE souhaite que l’inflation retrouve son niveau ‘optimal’ de 2%. Voilà pourquoi elle maintient son taux directeur à un niveau aussi faible. Un taux d’intérêt aussi réduit devrait avoir pour effet d’encourager la consommation et d’attiser l’inflation.

Les taux d’intérêt resteront-ils encore longtemps à leur niveau actuel ?

Oui, tant que la Banque centrale européenne estimera que l’inflation n’est pas suffisante. La politique monétaire de la BCE se compose de deux volets :

  • D’une part, un taux directeur principal fixé depuis plusieurs mois à 0%. Les banques doivent même payer 0,4% d’intérêts pour déposer de l’argent à la BCE.
  • D’autre part, une politique de détente quantitative. Elle achète massivement des obligations, dans le but de doper le cours des obligations et de maintenir les taux d’intérêt à un niveau réduit.

Cette politique a pour but d’attiser l’inflation. Tant que l’inflation reste faible, la BCE devrait être réticente à toute hausse des taux d’intérêt.

Cette politique porte-t-elle ses fruits ?

À l’heure actuelle, la BCE achète tous les mois pour 60 milliards d’euros d’obligations. Le but est de réduire progressivement la voilure, dans un premier temps à 30 milliards d’euros par mois à partir de janvier 2018. Le programme devrait être clôturé en septembre 2018, sauf si l’inflation reste aussi faible qu’aujourd’hui. Ce n’est qu’ensuite que la BCE pourra envisager d’augmenter très progressivement son taux directeur, ce qui ne devrait pas être le cas avant le premier trimestre 2019. Autrement dit, les taux actuels devraient se maintenir pendant au moins deux ans.

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