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En résumé

Tous les talents de négociatrice de Mme Merkel n’auront pas suffi : malgré d’ultimes efforts, les négociations en vue de former un gouvernement de coalition en Allemagne ont échoué. Le FDP, le Parti libéral-démocrate, a en effet choisi de quitter la table des négociations, une décision motivée en particulier par le fait que les divergences de vues avec « die Grünen », le parti écologiste, étaient trop importantes pour être réconciliées. L’Allemagne se retrouve ainsi confrontée à sa plus grave crise politique depuis 12 ans.

Quelles sont les implications de cet échec pour la politique allemande ?

Avant tout, précisons que nous sommes à présent en terrain inconnu. Il revient toujours au parti ayant obtenu la majorité des voix lors des dernières législatives, à savoir la CDU/CSU de Mme Merkel, de tenter de former un gouvernement. Trois scénarios sont à présent envisageables.

Scénario 1 : un gouvernement de minorité

Ce gouvernement serait alors emmené par les Conservateurs de la CDU/CSU. Un gouvernement de minorité ferait bien entendu face à des difficultés pour obtenir le soutien parlementaire nécessaire pour faire passer des réformes majeures, par exemple en termes de politique migratoire (une des principales raisons pour lesquelles les négociations tripartites ont capoté) et d’intégration européenne. Il manquerait 29 sièges à une coalition entre la CDU/CSU et le FDP pour avoir la majorité au Parlement, tandis qu’une coalition entre la CDU/CSU et les Verts serait trop courte de 42 sièges. Ceci étant dit, il est de notoriété publique que Mme Merkel ne souhaite pas créer de nouvelles incertitudes. C’est pourquoi un gouvernement de minorité semble improbable.

Scénario 2 : une nouvelle grande coalition

Angela Merkel pourrait encore tenter d’obtenir le soutien du SPD, le Parti social-démocrate. La CDU/CSU et le SPD détiendraient en effet 399 sièges sur 709 au Parlement, leur permettant potentiellement de créer un gouvernement fort. Mais il serait surprenant que le SPD accepte de former un tel gouvernement étant donné qu’il a encore récemment écarté une nouvelle grande coalition. La probabilité que cette option se matérialise semble donc actuellement très faible.

Scénario 3 : de nouvelles élections

Le chemin vers de nouvelles élections risque d’être chahuté. Il faut en effet déclencher l’Article 63, paragraphes 3 et 4, de la Constitution allemande (« Grundgesetz »). Pour ce faire, le Président de la République, Frank-Walter Steinmeier, doit nommer un candidat pour devenir Chancelier. Le Parlement doit ensuite voter. Si ce candidat n’obtient pas la majorité lors du premier vote, le Parlement dispose ensuite de deux semaines pour voter pour un autre candidat. S’il n’y a toujours pas de majorité lors d’un 3e tour, le plus grand nombre de voix l’emporte. Mais le Président peut également décider de convoquer de nouvelles élections après un 3e vote, élections qui doivent alors se dérouler endéans les 60 jours.

Quelle est la réaction des marchés ?

C’est bien connu, les marchés financiers détestent l’incertitude mais nous n’anticipons néanmoins pas une réaction trop forte. Ils pourraient cependant être davantage perturbés s’il apparaissait que Mme Merkel n’était plus disposée à être élue au poste de Chancelière. Il convient aussi de souligner qu’une baisse possible de l’euro en réaction à cela serait un facteur positif à court terme pour les actions de sociétés allemandes actives à l’international et pourrait donc faire office d’amortisseur partiel. Les réactions initiales des marchés financiers à l’échec des négociations pour former un gouvernement en Allemagne sont en tout cas contenues.

Au stade actuel, ce développement ne remet pas en cause notre avis sur les marchés et notre vue constructive sur les actions. Mais il convient de suivre les événements de près.

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