La guerre commerciale Europe-États-Unis fait rage depuis près d'un siècle. En voici cinq faits d'armes marquants.

Embargo

Embargo ?

Quelques jours après s’être constitué un stock de 1.200 cigares ‘Cohiba’, le président John Fitzgerald Kennedy décrète en 1962 un embargo commercial avec Cuba. Après les cigares, d’autres produits sont frappés par cet embargo, qui est toujours d’actualité aujourd’hui.

Le bilan ? L’U.S. Chamber of Commerce estime que l’embargo à l’encontre de Cuba a coûté tous les ans 1,2 milliard de dollars à l’économie américaine, sous la forme d’un déficit en exportations. Pour sa part, l’État cubain évalue les pertes d’exportations vers le pays de l’Oncle Sam à 685 millions de dollars annuels.

Chair de poule(t)

Chair de poule(t)

Dans les années 60, la ‘guerre du poulet’ provoque de vives tensions commerciales entre les États-Unis et l’Europe. Allemagne en tête, le Vieux Continent importe de grandes quantités de viande de poulet surgelée des États-Unis. Pour encourager les éleveurs locaux, l’Europe instaure en 1963 une taxe spéciale sur les importations de produits à base de poulet.

Le bilan ? Les États-Unis réagissent à cette taxe à l’importation en instaurant la ‘Chicken Tax’ : des droits sur le cognac, les pommes de terre et les camionnettes. Malgré un net recul des exportations des deux côtés de l’Atlantique, les deux protagonistes s'autoproclament vainqueurs de la guerre du poulet. La Chicken Tax sur les camionnettes importées aux États-Unis existe toujours, à l’inverse de la taxe sur les poulets.

Poissons rouges

Poissons rouges

La plus grande guerre commerciale de l’histoire récente se déclare en 1930. Des céréales aux allumettes, et des bottes aux poissons rouges, le Smoot-Hawley Tariff Act augmente du jour au lendemain les droits d’importation de 20.000 produits différents.

Le bilan ? Les partenaires commerciaux des États-Unis ont bien sûr répliqué, provoquant une contraction de 60% des exportations US. Cette guerre commerciale a été un des catalyseurs de la Grande Dépression et, dans la foulée, du protectionnisme et du fascisme.

Déjà vu

Déjà vu

Le président Trump a annoncé récemment l’imposition de 25% de droits d’importation sur l’acier (et de 10% sur l’aluminium). Rien de nouveau sous le soleil car, en 50 ans, il est le 6e occupant de la Maison Blanche à recourir à de telles mesures.

Le bilan ? Malgré toutes les mesures protectionnistes prises par les présidents Nixon, Carter, Reagan, Bush Senior et Bush Junior, l’acier américain se porte de plus en plus mal. L’avant-dernière fois que les États-Unis ont tenté d’endiguer le flot d’acier étranger bon marché, en 2002, George Bush Jr. a renoncé à ses mesures après 18 mois.

Coups de Jarnac

Coups de Jarnac

Les États-Unis et la Russie ne sont pas les meilleurs amis du monde. La preuve par leurs relations commerciales, émaillées de multiples coups de Jarnac. Quelques exemples ? Le retrait arbitraire de licences commerciales pourtant dûment accordées à des entreprises du bloc ‘ennemi’. L’obligation pour les marchandises importées de se soumettre à de fastidieux contrôles. Ou encore la mise en place de contrôles de qualité ciblant spécifiquement les produits tiers.

Le bilan ? Les exportations US vers la Russie représentent à peine 0,1% du PIB américain. Dans l’autre sens, les volumes sont un peu plus importants, mais restent négligeables par rapport à l’envergure de l’économie russe. Entre les États-Unis et la Russie, le concept de ‘relations commerciales’ est très relatif. Le risque est donc à la mesure de l’enjeu : insignifiant.

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