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En résumé

  • Le dollar américain (USD) a connu une année 2017 difficile, enregistrant sa plus grosse perte depuis 2003.
  • La rapidité avec laquelle l’euro s’est renforcé face au dollar a été incohérente avec les fondamentaux économiques, qui eux parlaient pour une appréciation du dollar.
  • Nous pensons que le renforcement du dollar se fera grâce à ces mêmes fondamentaux en 2018.

Retour sur 2017

Le dollar américain (USD) a connu une année 2017 difficile, enregistrant sa plus grosse perte depuis 2003. Cette tendance baissière s’est jusqu’à présent poursuivie en 2018, la paire euro/dollar touchant un pic de 3 ans. Etant donné la vigueur avec laquelle l’euro s’est renforcé face au dollar ces 12 derniers mois, le marché se pose désormais la question de la durabilité de ce mouvement. Existe-t-il une tendance structurelle au renforcement de l’euro ou le dollar va-t-il reprendre une partie du terrain perdu en 2017 ? Ce dernier scénario est celui que nous privilégions.

Notre scénario

Anticiper les mouvements des devises sur le court terme reste un exercice extrêmement difficile. A ce propos, la rapidité avec laquelle l’euro s’est renforcé face au dollar ces derniers temps, a été incohérente avec les fondamentaux économiques, qui eux plaidaient pour une appréciation du dollar. Quoi qu’il en soit, nous pensons que le retour du dollar à l’avant plan se fera grâce à ces mêmes fondamentaux en 2018. Nous citerons 5 raisons principales :

1

Le différentiel de croissance
Alors que la croissance devrait avoir accéléré aux Etats-Unis et dans la zone euro au même rythme (prévision de 2,3%) en 2017, les prévisions donnent la croissance américaine au-dessus de celle de la zone euro pour 2018 (+2,6% contre 2,3%). La révision à la hausse de la croissance américaine est principalement due à l’adoption de la réforme fiscale de Donald Trump. Cette différence de rythme de croissance et la réforme fiscale aux USA devraient toutes deux soutenir le dollar.

2

La différence de taux d’intérêt
La différence (aussi appelée "spread" dans le jargon financier) entre les taux d’intérêt américains et ceux de la zone euro est très élevée. Alors que l’on s’attend à une Fed moins accommodante que la BCE sur les 12 prochains mois, cet écart de taux devrait encore augmenter, surtout celui à court terme. Par le passé, l’évolution de ce "spread" a toujours été un bon indicateur du taux de change euro/dollar. Si cette corrélation a fait défaut en 2017, nous pensons qu’elle va redevenir déterminante en 2018 au profit du dollar.

3

Une Fed plus agressive
La Fed devrait remonter son taux directeur deux à trois fois cette année et continuer son resserrement quantitatif. La BCE devrait, quant à elle, poursuivre ses rachats d’actifs jusqu’en septembre et ainsi continuer d’augmenter son bilan. Le fait que l’euro se soit apprécié malgré les anticipations de hausses de taux aux Etats-Unis nous semble donc inconsistant. En 2018, la différence de politique monétaire va jouer en faveur du dollar.

4

La dynamique de l’inflation
En raison du resserrement du marché du travail américain, de l’accélération de la croissance et de la remontée des prix de matières premières, l’inflation aux Etats-Unis est attendue en hausse pour 2018 à 1,8% contre 1,6% en 2017. Dans le même temps, la zone euro est une des seules grandes régions pour lesquelles l’inflation est attendue en baisse sur les 12 prochains mois (1,4% contre 1,5% en 2017). Cette différence de dynamique d’inflation devrait soutenir le dollar.

5

La convergence des flux de capitaux vers les Etats-Unis
Les taux d’intérêt plus élevés aux Etats-Unis qu’en zone euro devraient attirer de nouveaux capitaux vers les Etats-Unis, et ainsi profiter au dollar.

Compte tenu de ces éléments, nous réitérons notre objectif de cours à 1,15 dollar pour 1 euro. Bien que la volatilité puisse augmenter à court terme, nous pensons que l’évolution du dollar sera dorénavant plus liée aux fondamentaux, ce qui parle pour une appréciation du billet vert en 2018.

Quels évènements pourraient changer la donne ?

Nous venons d’évoquer notre scénario privilégié. Certains événements pourraient toutefois changer la donne.

1

Si la courbe de taux américaine venait à s’inverser (c’est-à-dire des taux à long terme plus faibles que des taux à court terme), des craintes de récession pourraient provoquer des sorties de capitaux des Etats-Unis et donc influer négativement sur le dollar.

2

Si la croissance américaine ne suit pas celle du déficit creusé par la réforme fiscale, le dollar en souffrirait. Historiquement, le dollar a souvent chuté lors des périodes ou le déficit s’est creusé par rapport au Produit Intérieur Brut (PIB) en nominal.

3

Si le prochain président de la BCE, qui sera connu au 2e semestre, désire mener une politique monétaire moins accommodante que le président actuel Mario Draghi, l’euro pourrait en profiter.

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