En résumé

  • Le prix du baril de Brent évolue au-dessus de 60 dollars depuis plusieurs mois.
  • Nous estimons que son potentiel de hausse est limité à court terme.

Les prix du pétrole remontent depuis l'été dernier. Une crise se profile-t-elle à l'horizon ?

Une crise nous semble improbable. D'un point de vue purement économique, la loi de l'offre et de la demande joue, c'est certain. D'une part, les pays de l'OPEP et certains autres pays comme la Russie ont convenu de restreindre la production de pétrole. Leur objectif est clair: tenter de stabiliser les prix à un niveau supérieur. Cette évolution est toutefois systématiquement contrebalancée par la réaction des États-Unis qui, dès que les prix montent, ouvrent davantage les robinets de leur pétrole pour faire retomber les cours à un niveau acceptable.

Comment ce mécanisme fonctionne-t-il ?

Les États-Unis produisent surtout du pétrole de schiste. Ce type d'extraction est complexe, beaucoup plus qu'un forage en mer du Nord ou dans le désert saoudien. Cette exploitation ne devient économiquement rentable que lorsque les cours du pétrole sont suffisamment élevés. Donc, dès que l'OPEP fait grimper les prix, les Américains réagissent en augmentant leur production de pétrole de schiste. Jusqu’il y a quelques années, ils ne pouvaient pas exporter ce pétrole. Mais depuis la levée de cette interdiction, les États-Unis sont ravis de répondre aux besoins non couverts par les pays OPEP sur le marché. C'est le scénario qui se produit actuellement. En novembre 2017, les États-Unis ont produit plus de 10 millions de barils par jour. En 2007, cette production atteignait à peine 5 millions de barils.

Les pays de l'OPEP ont conclu un accord de plafonnement de la production jusqu’à la fin 2018. Mais à chaque fois que ces producteurs serrent le robinet, l'Oncle Sam ouvre ses vannes. La conjoncture économique actuelle a beau être très favorable, le potentiel d'évolution du cours du pétrole reste donc limité.

D'autres paramètres interviennent-ils ?

Oui, notamment le cours du dollar. Il s'est affaibli en 2017, avec pour effet de soutenir le prix du pétrole. À notre avis, le billet vert va regagner en 2018 une partie du terrain perdu. Or, un dollar fort restreint le potentiel de croissance des cours pétroliers.

La géopolitique joue aussi un rôle. L'Iran et l'Arabie Saoudite, deux grands pays producteurs, sont à couteaux tirés. En cas d'escalade du conflit, le prix du pétrole grimperait en flèche. Heureusement, nous n'en sommes pas (encore) là.

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