En résumé

  • Hormis les actifs brésiliens, les autres places financières ont lourdement chuté.
  • Les résultats des sociétés américaines sont, pour ce 3ème trimestre, meilleurs qu’attendu.
  • La BCE arrêtera définitivement ses achats d’actifs à la fin de l’année 2018. Une première hausse de taux n’est quant à elle pas attendue avant la fin de l’été 2019.

Rouge vif sur l’ensemble de la planète boursière, qui a cédé face à l’accumulation d’incertitudes à court terme et face à la recrudescence de tensions géopolitiques.

Lourde chute pour les grands indices d’actions

Menaces de guerre commerciale, élections de mi-mandat aux Etats-Unis, remontée des taux américains, ralentissement économique chinois, tensions dans le dossier du budget italien et dans celui du Brexit, et assassinat politique d’un journaliste saoudien, auront eu raison de l’appétit pour le risque des investisseurs, et fait trébucher les grands indices d’actions. Hormis les actifs brésiliens qui ont salué la victoire du candidat d’extrême droite à la présidence, toutes les autres places financières ont lourdement chuté. En Europe, outre l’Italie qui fait la sourde oreille sur le dépassement de son budget, les négociations sur le Brexit ont pris du plomb dans l’aile. Enfin, les dernières statistiques économiques ont, à l’instar des résultats de sociétés pour le 3ème trimestre, été jusqu’à présent mitigées. La plupart des indices européens se retrouvent au 31 octobre, à leur niveau de fin 2016. La dégringolade a été tout aussi spectaculaire aux Etats-Unis, où les indices ont évolué dans un contexte de pré-élections de mi-mandat. Les signes de ralentissement en Chine et les tensions commerciales semblent ici avoir été le précurseur de la baisse, malgré des fondamentaux économiques excellents. Le repli des indices d’actions a directement profité aux valeurs refuges, comme les emprunts d’Etat des pays réputés les plus sûrs. A l’inverse, les obligations des pays émergents et les obligations de la catégorie « High Yield », ont été délaissées.

Les sociétés américaines font mieux que prévu

La chute des marchés financiers a refroidit bon nombre d’investisseurs. Nous pensons cependant qu’il est encore trop tôt pour que les bourses s’enfoncent dans une tendance durablement baissière. Les récents tumultes ont plus trait à l’accumulation d’incertitudes d’ordre (géo)-politique, qu’aux fondamentaux de l’économie mondiale, qui reste expansionniste. A ce titre, l’économie américaine fait figure de proue, avec ses indicateurs de confiance au plus haut, et sa croissance vigoureuse. Les sociétés américaines répondent également présent, avec des annonces de résultats pour le 3ème trimestre dans l’ensemble meilleurs qu’attendu (à fin octobre 80% des sociétés américaines faisaient mieux que prévu). En zone euro, les indicateurs de confiance ont ralenti mais pointent toujours vers une expansion de l’économie. Même constat du côté de l’emploi, qui s’est amélioré dans la plupart des pays, mais à un rythme moins soutenu que les mois précédents. L’Italie devrait encore refaire parler d’elle dans les prochaines semaines, avec l’échéance de l’ultimatum européen concernant la révision de son projet de budget. Il est difficile à ce stade de prévoir ce qu’il va se passer mais il est peu probable que le gouvernement italien ira au clash total avec l’exécutif européen. Au vu de leurs valorisations, les marchés européens gardent du potentiel à moyen terme. Les bénéfices des sociétés devront cependant tenir le cap pour qu’un réel rebond s’opère. Les marchés émergents restent également attractifs mais certains sont plus exposés à une remontée des taux US que d’autres.

Une hausse des taux européens à moyen terme ?

Au vu des bonnes nouvelles sur le front de l’économie américaine, la Fed va certainement persévérer dans la normalisation de sa politique monétaire. La réduction de son bilan et la poursuite de la remontée de son taux directeur vont continuer de jouer en défaveur des bons du Trésor américain. Même topo du côté de la BCE, qui a réduit ses achats d’actifs en octobre, et arrêtera définitivement à la fin de l’année 2018. Une première hausse de taux n’est cependant pas attendue avant fin d’été 2019, si l’économie de la zone euro reste bien orientée. Avec un acheteur de poids en moins sur les marchés obligataires, les taux européens devraient à l’avenir évoluer à des niveaux plus élevés qu’aujourd’hui. L’environnement n’est clairement pas favorable aux marchés obligataires, et encore moins aux emprunts d’Etat des pays développés. A condition d’en accepter le risque, certains pays émergents offrent encore des rendements attrayants, mais mieux vaut rester dans les pays disposant d’un bon rating. Au niveau des crédits, les obligations d’entreprises américaines en dollar, offrent un rendement supérieur à leurs consœurs européennes.

Vous souhaitez examiner les risques et opportunités par rapport à votre portefeuille d’investissements ?

Appelez nos experts via Talk & Invest au 078 156 157

Prenez rendez-vous dans votre Financial Center en appelant le 078 155 150

Articles liés