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États-Unis : nouvelles dettes, mêmes taux d'intérêt

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« Ni Hillary Clinton, ni Donald Trump ne se risqueront à mener une politique d'austérité après une éventuelle victoire à l'élection présidentielle. » Avec quelles conséquences ?

Aussi différentes que les positions des candidats à l'élection présidentielle américaine puissent sembler, il y a au moins un point sur lequel les deux principaux adversaires peuvent s'accorder : ni Hillary Clinton, ni Donald Trump ne se risqueront subitement à mener une politique d'austérité après une éventuelle victoire à l'élection présidentielle le 8 novembre – bien au contraire. Tandis que le programme électoral des démocrates prévoit des dépenses plus importantes dans les domaines de l'éducation et de l'infrastructure, le républicain Donald Trump a promis de baisser les impôts. Le Bureau budgétaire du Congrès américain s'attend déjà à ce que le déficit budgétaire annuel augmente, pour passer de son niveau actuel de 2,5 % du PIB à 4,9 % en 2026.

Tendance baissière depuis 1980

Le financement de ces nouvelles dettes pourrait exiger, entre autres mesures, d'augmenter l'émission de nouvelles obligations gouvernementales américaines. Est-ce une bonne nouvelle pour les investisseurs, qui espèrent des taux d'intérêt plus élevés grâce à un accroissement de l'offre ? Pas nécessairement car, comme nous l'avons déjà vu par le passé, les taux d'intérêt sur le marché des capitaux aux États-Unis évoluent dans une large mesure indépendamment de la dette publique. En effet, les taux d'intérêt ont constamment baissé depuis le milieu des années 1980 – même au cours de la période allant de 2001 à 2010, lorsque l'excédent budgétaire américain d'environ 2 % s'était transformé en un déficit d'environ 10 %.

La demande en bons du Trésor US devrait rester élevée

L'environnement de politique monétaire en dehors des États-Unis devrait également saper le niveau des taux d'intérêt. En effet, tant que les principales banques centrales, comme la Banque centrale européenne, la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon, poursuivront leur politique monétaire expansionniste, les rendements des obligations gouvernementales à 10 ans devraient rester faibles dans leurs régions respectives – voire être négatifs, comme c'est actuellement le cas en Allemagne et au Japon. Par conséquent, la demande pour les Bons du Trésor US restera probablement élevée, en raison d’un taux d'intérêt supérieur, ne donnant ainsi aucune raison de spéculer sur une augmentation des taux d’intérêt. Qui plus est, l'appréciation attendue du dollar américain par rapport aux principales devises pourrait également stimuler la demande de titres américains.

Hausse des taux en vue aux USA ?

Globalement, l’alourdissement éventuel de la dette publique américaine ne devrait pas entraîner de hausse durable des taux d'intérêt sur le marché des capitaux aux États-Unis. Au contraire, les taux se maintiendront vraisemblablement à un niveau proche de 1,25 % à la fin de 2016 et en 2017. C'est peut-être moins que ce que certains investisseurs espèrent, mais on peut dire à coup sûr que ces taux sont considérablement supérieurs à ce que les investisseurs obtiendraient dans de nombreux autres pays industrialisés.