En résumé

  • L’annonce de la BCE relative à la fin prochaine des achats d’obligations était dans l’air.
  • Par contre, la décision de maintenir les taux directeurs à leurs niveaux actuels au moins jusqu’à l’été 2019 l’était nettement moins.

Attendue au tournant par les marchés financiers, la Banque centrale européenne (BCE) et son président, Mario Draghi, ont créé la surprise lors de la réunion qui s’est tenue à Riga.

Si l’annonce relative à la fin prochaine des achats d’obligations était dans l’air après les commentaires récents de plusieurs gouverneurs de la BCE, la décision de maintenir les taux directeurs à leurs niveaux actuels au moins jusqu’à l’été 2019 l’était nettement moins.

Qu’a annoncé la BCE lors de sa réunion de juin ?

La BCE a comme anticipé confirmé que son programme d’achats d’obligations (QE) s’arrêterait fin 2018. Les achats nets d’actifs passeront de leur rythme actuel de 30 milliards d’euros par mois à 15 milliards d’euros par mois entre octobre et décembre. La BCE continuera cependant à réinvestir le montant principal des obligations arrivant à échéance acquises dans le cadre de son programme « pendant une période prolongée après la fin des achats nets d’actifs et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire. »

Comme prévu, la BCE a également laissé ses taux directeurs inchangés : le taux de refinancement, le taux marginal et le taux de dépôt restent donc fixés à respectivement 0%, 0,25% et -0,40%. En revanche, et c’est une surprise, la BCE a annoncé qu’elle anticipait de laisser les taux à leurs niveaux actuels « au moins jusqu’à l’été 2019 et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire » pour favoriser une hausse durable de l’inflation vers son objectif d’un peu moins de 2%. En s’engageant de la sorte sur les taux, la BCE a donc ajouté une note accommodante, en l’occurrence le renforcement de la guidance sur les taux d’intérêt, à un message plutôt restrictif, à savoir l’annonce de l’arrêt du QE fin 2018.

Les nouvelles prévisions économiques de la BCE révèlent que :

  • l’estimation de croissance du PIB a été abaissée de 2,4% à 2,1% pour 2018 ;
  • les estimations pour 2019 (1,9%) et 2020 (1,7%) restent inchangées ;
  • les prévisions d’inflation ont été relevées à 1,7% pour 2018 et 2019 - contre 1,4% auparavant - et maintenues à 1,7% pour 2020 ;
  • les dernières projections d’inflation restent donc inférieures à l’objectif de la BCE sur l’horizon considéré.

Décryptage : que signifie la décision de la BCE pour les investisseurs ?

Le bel équilibre trouvé par la BCE entre fin en douceur du QE et maintien prolongé des taux bas confirme si besoin était le scénario d’une normalisation lente et graduelle de sa politique monétaire. La promesse de taux d’intérêt inchangés et l’accent mis sur le réinvestissement des titres arrivant à échéance soulignent aussi l’intention de la BCE de maintenir les anticipations de taux à des niveaux bas. Une première hausse de taux n’est par conséquent pas attendue avant le 2e semestre 2019.

L’annonce de la BCE devrait peser sur un euro qui a d’ailleurs vite cédé du terrain par rapport au billet vert sur le marché des changes. De fait, l’accentuation de l’écart entre les taux d’intérêt à court terme aux Etats-Unis et en zone euro, de même qu’une dynamique de croissance moins forte et une inflation plus faible en zone euro devraient continuer à peser sur la monnaie unique.

L’arrêt envisagé du programme d’achats d’actifs, la poursuite de la croissance et la hausse progressive de l’inflation devraient selon nous engendrer une remontée des taux obligataires à moyen terme. Par conséquent, nous restons à l’écart des Bunds allemands dont les rendements restent beaucoup trop faibles par rapport au contexte économique actuel. Les annonces de la BCE ne modifient pas davantage notre avis prudent sur les obligations des pays périphériques de la zone euro. Malgré leurs rendements nettement plus attractifs, le risque est à l’avenant. Nous anticipons un parcours volatil ces prochains mois au vu des incertitudes politiques, notamment en Italie.

Last but not least, il reste encore de l’oxygène pour les actions (5e thème de notre Outlook 2018) compte tenu d’un contexte macroéconomique porteur, de conditions financières favorables et de la poursuite anticipée de la croissance des bénéfices des sociétés. Si les actions ont généralement tendance à bien se comporter à ce stade du cycle, des turbulences restent néanmoins possibles au vu des tensions géopolitiques. Il convient donc de rester alerte et sélectif au moment d’aborder la période estivale.

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