En résumé

  • 2018 s’annonce comme une excellente année pour l’économie mondiale. Nous tablons sur une croissance de 3,8 %.
  • Tant les pays développés que les pays émergents participent à la croissance. Le Royaume-Uni constitue une exception.
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Une croissance vigoureuse aux États-Unis

La croissance aux Etats-Unis est à nouveau vigoureuse. La consommation privée est en hausse, tout comme les investissements des entreprises. Les travaux de reconstruction après les dégâts causés par les ouragans apporteront un coup de pouce (temporaire) supplémentaire à l’économie. La croissance américaine est donc alimentée par plusieurs moteurs et pas seulement par la consommation des ménages. Par ailleurs, le mois de novembre a été le 100e mois consécutif d’expansion économique. Même si le cycle économique est déjà bien avancé, rien n’indique pour l’instant que l’expansion touche à sa fin. Il est même possible qu’elle connaisse encore une accélération suite à la mise en œuvre de la réforme fiscale récemment adoptée.

Nous ne nous attendons pas à de grands changements dans la politique de la Réserve fédérale (Fed) malgré l’important changement à sa tête : en février, sa présidente, Janet Yellen, sera remplacée par Jerome Powell. Deutsche Bank prévoit que la Fed relèvera encore son taux directeur à deux reprises en 2018, jusqu’à une fourchette comprise entre 1,75% et 2%.

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Reprise généralisée dans la zone euro

En 2018, la reprise se poursuivra dans la zone euro et sera à nouveau au rendez-vous dans tous les pays, confirmant que l’on ne peut plus parler d’une zone euro à deux vitesses (opposant le cœur à la périphérie). Grâce à la reprise, le marché du travail s’améliore également peu à peu. La situation politique peut peut-être susciter certaines inquiétudes mais elle ne devrait pas, selon nous, remettre en cause la dynamique positive actuelle.

L’inflation encore très faible (inflation de base – à l’exclusion des prix volatils de l’alimentation et de l’énergie – d’à peine 0,9% en novembre) signifie que la Banque centrale européenne (BCE) peut poursuivre sa politique monétaire souple. Même si les achats mensuels d’obligations seront réduits de moitié à partir de janvier, à 30 milliards d’euros, il n’est pas question d’un relèvement des taux avant au plus tôt le printemps 2019.

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Au Japon, la croissance se poursuit

L’économie japonaise continue à surprendre et compte désormais 7 trimestres de croissance successifs. La croissance est soutenue par les exportations qui profitent de la reprise mondiale et d’un yen meilleur marché. Comme nous l’avions anticipé, la consommation privée n’a cependant plus contribué à la croissance. En dépit de la pénurie de main-d’œuvre (taux de chômage très faible), les salaires n’augmentent pas au Japon, si bien que les consommateurs restent prudents dans leurs dépenses. Nous ne prévoyons pas de changement dans un avenir proche. Nous tablons également sur un impact positif des investissements en vue de l’accueil des Jeux Olympiques en 2020 à Tokyo.

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Une dynamique favorable pour les pays émergents

Les perspectives pour les pays émergents sont également très favorables. Non seulement la demande intérieure s’améliore, mais ces pays profitent aussi pleinement de l’accélération de la croissance mondiale. Beaucoup de pays émergents enregistrent actuellement une croissance à deux chiffres de leurs exportations.

En Chine, l’accent est mis sur la qualité de la croissance, sur la réforme des entreprises publiques en difficultés, sur l’élimination des surcapacités dans certains secteurs (comme l’acier) ainsi que sur la réduction de l’endettement excessif et une meilleure régulation des banques parallèles (shadow banking). Nous tablons sur un « atterrissage en douceur » de l’économie chinoise et nous anticipons que la croissance ralentira à hauteur de 6,5 % l’an prochain (après une croissance de 6,7 % en 2017).

Les réformes auront également un effet positif dans d’autres pays, tels que l’Inde. Récemment encore, le pays a été récompensé pour ses efforts par l’agence de notation Moody’s, qui a relevé son rating d’un cran. En Amérique latine aussi, 2018 s’annonce sous de meilleurs auspices. Après une année de reprise en 2017, le Brésil – la plus importante économie latino-américaine – devrait connaître une accélération. En outre, la banque centrale peut continuer à y mener une politique plus souple en matière de taux d’intérêt (tout comme en Inde et en Russie) au vu d’une inflation sous contrôle.

Le Royaume-Uni manque la fête de la croissance

Après des mois de tergiversations, l'UE et le Royaume-Uni ont finalement trouvé un accord sur les termes du divorce : son montant, estimé entre 45 et 55 milliards EUR, sera aussi important que le budget britannique de la défense.

Entre-temps, l’économie britannique est à la peine. Même si la consommation privée s’est avérée jusqu’à présent assez résistante, le pouvoir d’achat des ménages est mis sous pression. En outre, la dynamique positive du marché du travail devrait bientôt toucher à sa fin. Les entreprises se montrent particulièrement timides en matière de nouveaux investissements et la contribution des exportations à la croissance est négligeable. Le gouvernement veut compenser l’impact négatif du Brexit par des mesures de soutien mais celles-ci auront un coût budgétaire important.

Nous nous attendons dès lors à voir la croissance économique britannique continuer à ralentir pour atteindre difficilement 1,3 % en 2018.

Prévisions de croissance 2017-2018
(PIB réel. %)

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