En résumé

Jusqu’à présent, la croissance de l'économie mondiale n'a pas déçu.

  • Perspectives de croissance dans les pays émergents: 4,7%. Ces pays profitent pleinement de l'essor mondial et de la reprise du commerce international.
  • Perspectives de croissance dans les pays industrialisés: 2%.
  • Perspectives de croissance de l'économie mondiale: Deutsche Bank prévoit une croissance de 3,5%.
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Zone euro: la bonne surprise de 2017

La croissance dans la zone euro continue de surprendre positivement, portée par une croissance vigoureuse dans l’industrie et le secteur des services. 2017 sera selon toute probabilité la quatrième année consécutive de reprise économique.

  • À 9,3%, le chômage est à son niveau plancher depuis mars 2009. Ce paramètre est positif pour l'ensemble de la zone euro, même s'il subsiste de grandes disparités entre les pays.
  • Le ciel s'est dégagé au-dessus du paysage politique. La victoire d'Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises et la défaite de Marine Le Pen, d’extrême droite et anti- européenne, a été un grand soulagement. Cette élection a considérablement réduit les risques pesant sur la zone euro. Il subsiste cependant quelques ombres au tableau, comme le règlement du Brexit et de possibles élections anticipées en Italie avant la fin de l'année.

Quelle sera la position de la Banque centrale européenne? En dépit du regain de croissance, la BCE devrait poursuivre sa politique très prudente et ne devrait entamer la réduction progressive de son programme de rachat d’obligations qu’à compter de l’année prochaine. Un relèvement des taux n'est pas encore à l'ordre du jour. L’inflation en zone euro reste en effet volatile et dans tous les cas trop basse, ayant atteint à peine 1,4% en mai. L’inflation de base, hors prix volatils de l’énergie et des produits alimentaires, est même repassée sous la barre de 1%.

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Le Japon poursuit sa croissance

Pour la première fois depuis plus de dix ans, l’économie japonaise a signé cinq trimestres consécutifs de croissance, à un rythme toutefois inférieur à celui des USA et de l’Europe. La croissance est alimentée tant par la demande intérieure que par les exportations, qui profitent de la reprise économique mondiale et de la demande croissante de pièces japonaises dans l’industrie d’assemblage chinoise.

Quelle sera l'attitude de la banque centrale du Japon? Nous nous attendons à ce qu'elle ne modifie pas à court terme sa politique actuelle de taux réduits (son objectif étant un intérêt à dix ans autour de 0%). Par nature, la reprise japonaise est cyclique. Pour la pérenniser et échapper à la déflation, le Japon devra consentir davantage de réformes économiques structurelles et renforcer le potentiel de croissance du pays.

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Les pays émergents font office de moteur

Les pays émergents profitent pleinement de la reprise de la croissance mondiale, du regain du commerce international et du redressement des prix des matières premières. Deutsche Bank a dès lors relevé ses prévisions de croissance pour les pays émergents à 4,7% pour cette année. D’importantes disparités subsistent cependant entre les différents pays.

Chine. Nous continuons de tabler sur un ralentissement progressif de la croissance économique pour cette année, à un niveau proche de 6,5%. La Chine doit relever plusieurs défis structurels, tels que le niveau d'endettement élevé – en particulier celui des entreprises publiques – et la surchauffe du marché immobilier. Provisoirement, les autorités chinoises semblent maîtriser la situation.

Inde. De l'avis de Deutsche Bank, ce pays devrait signer la plus forte croissance (7%) de toutes les nations asiatiques. Les retombées négatives sur l’économie de la démonétisation des grosses coupures devraient être temporaires et la croissance devrait repartir de l’avant. La volonté de réforme reste en outre omniprésente au sein du gouvernement Modi. Le 1er juillet pourrait ainsi marquer l’entrée en vigueur de la plus grande réforme fiscale depuis l’indépendance du pays en 1947. Cette réforme vise à standardiser l’ensemble du système fiscal, en ce compris les impôts régionaux, et est particulièrement positive pour les entreprises indiennes. Il est également encourageant de voir que le gouvernement a accordé davantage de pouvoir à la banque centrale en vue de l’assainissement des banques indiennes.

Russie. Deutsche Bank s’attend à ce que l’économie russe enregistre une croissance de 1,6% cette année. Elle devrait s’accélérer pour atteindre 2% l’an prochain. La situation s'est améliorée, en dépit des sanctions internationales et du fait que l'économie reste fortement tributaire de l'industrie pétrolière et gazière. Le recul de l'inflation stimule la consommation des ménages et offre à la banque centrale une plus grande marge de manœuvre pour réduire les taux d'intérêt. Par ailleurs, les entreprises russes parviennent à emprunter plus facilement.

Brésil. La plus grande prudence est de mise concernant le Brésil. La hausse du prix des matières premières a permis à l’économie brésilienne de renouer avec la croissance pour la première fois depuis deux ans. L'instabilité politique complique toutefois la donne et pourrait miner la reprise naissante. Un nouveau scandale de corruption menace le président Michel Temer, qui avait succédé l’an dernier à Dilma Rousseff, elle-même accusée de corruption. Dans la pratique, cette situation empêche le gouvernement d’instaurer les réformes économiques prévues et indispensables. Il est également peu probable que la banque centrale brésilienne puisse fortement baisser ses taux pour soutenir la croissance. Une telle baisse des taux affaiblirait le réal brésilien, ce qui pourrait à nouveau entraîner l’inflation à la hausse.

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Reprise de l'économie américaine

Le mauvais départ est rattrapé. Ces dernières années, les États-Unis avaient pris l'habitude de débuter l'année en demi-teinte. Les intempéries et la réduction des stocks des entreprises ont une fois encore pesé sur la croissance outre-Atlantique. Depuis lors, l'économie se porte mieux.

  • On devrait assister à une reprise de la consommation des ménages.
  • Le baromètre de la confiance des consommateurs est au beau fixe.
  • Le marché du travail se porte bien, avec un recul du chômage à 4,3%, le niveau le plus bas depuis mai 2001.
  • Au cours des prochains trimestres, les investissements des entreprises contribueront à alimenter la croissance.

Prévisions de croissance en baisse. Chez Deutsche Bank, nous avons toutefois abaissé nos prévisions de croissance pour l'économie US à 2,2% cette année et 2,4% l'année prochaine. En raison de l'agitation politique à Washington, la baisse d'impôt promise ne s'est pas encore concrétisée. Cette promesse sera peut-être tenue dans les prochains mois, mais son impact positif sur la croissance et sur les entreprises ne devrait être perceptible que l'année prochaine.

Quelle sera l'attitude de la banque centrale américaine (Fed)? Deutsche Bank s'attend à ce qu'elle poursuive la normalisation de sa politique. Une nouvelle hausse de son taux directeur devrait intervenir avant la fin de l'année. Ce taux a déjà été relevé de 0,25% en juin, le portant à une fourchette comprise entre 1 et 1,25%. En juin également, la Fed a précisé ses intentions de réduction progressive de son énorme portefeuille d'obligations (qui lui permet de maintenir les taux d'intérêt à long terme à un niveau plancher). La Fed envisage de diminuer peu à peu les réinvestissements de titres arrivant à échéance, et ce à partir de l’automne.

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* Source : Deutsche Bank Wealth Management, Global Markets, 8 juin 2017