En résumé

  • Plutôt que de constater un apaisement, on assiste à une escalade des tensions commerciales entre les USA, la Chine et l’Europe.
  • Alors que les marchés boursiers sont pris dans une zone de turbulences depuis la mi-juin, les marchés obligataires ont peu réagi à ce regain de tensions commerciales.
  • Malgré l’environnement « risk-on, risk-off » qui devrait perdurer ces prochains mois, nous maintenons notre vue constructive sur l’économie mondiale et les actions à moyen terme.

Cela n’aura échappé à aucun investisseur, les tensions commerciales ont été crescendo ces dernières semaines.

Donald Trump repart à l’offensive

Piqué au vif par les représailles de la Chine au premier round de droits de douane US portant sur 50 milliards de dollars de biens chinois, Donald Trump a menacé de frapper de droits supplémentaires des importations pouvant aller jusqu’à 400 milliards de dollars si la Chine ripostait. En outre, les Etats-Unis ont également durci le ton vis-à-vis d’autres partenaires commerciaux clés comme l’Europe, en envisageant par exemple d’imposer des tarifs douaniers de 20% sur les importations de voitures européennes.

Si le calendrier de ces mesures reste vague, la décision de la Banque Populaire de Chine (PBoC) de réduire le ratio de réserves obligatoires des banques et les rumeurs prêtant l’intention aux Etats-Unis de mettre en place des restrictions aux investissements internationaux soulignent une escalade des tensions plutôt qu’un apaisement entre les parties.

Les fuites dans les médias ont en effet révélé que les Etats-Unis pourraient empêcher toute entreprise détenue à au moins 25% par les Chinois d’acheter des entreprises américaines actives dans une « technologie significative sur le plan industriel ». L’aérospatiale, la robotique et l’automobile comptent notamment parmi les secteurs visés. Enfin, les investisseurs ont également été échaudés par des gros titres publiés par le groupe de médias financiers Bloomberg tels que « La Chine et l’Europe avertissent qu’une guerre commerciale pourrait déclencher une récession globale ».

Risk-off sur les marchés financiers

Les marchés boursiers évoluent donc dans une zone de turbulences depuis la mi-juin. Sur le plan régional, les marchés d’actions les plus affectés ont été l’Europe, l’Allemagne et ses valeurs exportatrices en tête, ainsi que les marchés émergents. Sur le plan sectoriel, des secteurs cycliques comme l’automobile, la technologie, l’industrie et les matériaux, qui seraient les plus affectés par une guerre commerciale, ont davantage souffert que des secteurs défensifs comme les services aux collectivités et les biens de consommation non-cyclique.

Les marchés obligataires ont peu réagi au regain de tensions commerciales. Le taux américain à 10 ans n’a que légèrement baissé tandis que le taux allemand à 10 ans s’est surtout détendu à la faveur d’autres facteurs comme les dernières annonces de la BCE et l’incertitude politique en Italie. Par ailleurs, il est intéressant de noter que les investisseurs en quête de valeurs refuge n’ont pas jeté leur dévolu sur l’or dont le cours reste fermement cantonné sous les 1.300 dollars l’once

Perspectives : des frictions commerciales, pas de guerre totale

Nous anticipons que cette rhétorique commerciale aiguë va probablement faire partie intégrante des marchés au moins jusqu’aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Depuis son accession à la Maison Blanche, Donald Trump a œuvré pour tenir ses promesses de campagne. Le Président américain semble déterminé à tenir sa promesse de réduire le déficit commercial US et de mettre un terme aux « pratiques commerciales déloyales ».

Comme sa cote de popularité reste bonne et qu’une majorité de citoyens américains approuve sa gestion de l’économie, y compris sur le plan commercial, il est probable qu’il gardera le cap actuel. Ceci dit, nous restons d’avis que la raison prévaudra et qu’un compromis sera trouvé pour éviter une guerre commerciale à part entière dont aucun camp ne sortirait indemne et qui serait de nature à infliger des dégâts importants à l’économie mondiale.

La performance récente des marchés boursiers illustre leur sensibilité aux questions liées au commerce international au vu de leur importance pour la croissance économique et les bénéfices des entreprises. Il convient donc d’accorder toute l’attention voulue aux faits et gestes des Etats-Unis, qui mènent l’offensive, et des gouvernements étrangers, qui n’entendent pas rester les bras croisés, dans ce dossier sensible.

L’environnement qualifié de « risk-on, risk-off » devrait rester de mise au cours des mois à venir et mettre la patience des investisseurs à l’épreuve. A l’heure actuelle, nous maintenons néanmoins notre vue constructive sur l’économie mondiale et les actions à moyen terme. Un portefeuille équilibré, suffisamment diversifié et conforme à son profil de risque reste la meilleure approche pour affronter la volatilité de marché et pour profiter de la hausse éventuelle des marchés boursiers.

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