En résumé

Vous faites peut-être partie des investisseurs qui diversifient leur portefeuille en devises. En ce début de printemps, nous faisons le point sur quelques devises importantes et particulièrement le dollar US, la couronne norvégienne et la livre turque.

Dollar américain (USD)

Le dollar américain (USD) garde l’ascendant sur l’euro depuis le début de l’année. Loin de profiter du virage à 180 degrés de la Réserve fédérale (Fed), la monnaie unique souffre de l’essoufflement de la croissance en zone euro et de l’incertitude politique persistante.

Portée par une demande intérieure résiliente et par la bonne tenue du marché de l’emploi, l’expansion économique se poursuit à un rythme plus lent mais toujours solide aux Etats- Unis. En revanche, le coup de frein est beaucoup plus marqué en zone euro : le moteur des exportations subit le ralentissement global et la production industrielle est en recul sensible. Nous anticipons une croissance de 2,6% aux Etats-Unis en 2019, soit deux fois plus que la croissance de 1,3% attendue dans la zone euro cette année.

Dans ce contexte, le cycle de resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed) touche à sa fin mais la Banque centrale européenne (BCE) a encore beaucoup de chemin à parcourir. Jouant la carte de la prudence, la Fed n’envisage plus de relever ses taux en 2019 et mettra un terme à la réduction de son bilan fin septembre. De son côté, la BCE est cependant dans une impasse et ne devrait pas être en mesure d’initier son cycle de hausse de taux avant l’an prochain.

Le billet vert reste soutenu par son statut de devise à haut rendement et par les risques planant au-dessus de la zone euro. Néanmoins, le renchérissement de sa valorisation, un écart de taux d’intérêt qui a plafonné et l’augmentation des déficits US devraient limiter son potentiel d’appréciation. Au vu de ces divers éléments, notre prévision pour le taux de change EUR/USD reste de 1,15 sur un horizon de 12 mois.

EUR/USD:

Couronne norvégienne (NOK)

La couronne norvégienne (NOK) évolue légèrement dans le vert par rapport à l’euro depuis le 1er janvier. Elle est soutenue par l’embellie de la conjoncture et l’optimisme des autorités monétaires.

L’économie norvégienne a progressé plus fortement que prévu au 4e trimestre 2018, avec un PIB en hausse de 0,9%. Elle devrait rester bien orientée grâce à une demande intérieure solide, à la croissance des investissements pétroliers et à des exportations relativement résilientes face au ralentissement de l’économie mondiale. Après une croissance de 2,2% en 2018, nous anticipons une croissance de 2,1% en Norvège en 2019.

Confortée par le regain de dynamisme de l’activité, un marché de l’emploi serré et une inflation supérieure à son objectif de 2%, la banque centrale de Norvège (Norges Bank) a comme prévu fait passer son taux directeur de 0,75% à 1% lors de sa réunion de mars. Les perspectives encourageantes pour l’économie devraient la mener à relever à nouveau les taux d’intérêt cette année. Ce faisant, la Norges Bank sera la seule banque centrale des pays du G10 à poursuivre un cycle de hausse de taux dans un avenir prévisible.

Au vu de fondamentaux macroéconomiques solides et du différentiel de taux d’intérêt croissant par rapport à l’euro, nous anticipons un potentiel d’appréciation modéré pour la NOK qui reste bon marché aux niveaux actuels. La volatilité des prix du pétrole peut cependant entraver l’évolution attendue de la devise scandinave.

EUR/NOK:

Livre turque (TRY)

Après une annus horribilis en 2018, la livre turque (TRY) reste sous pression relative. La baisse plus forte que prévu du déficit courant et la volonté du gouvernement de jouer l’accalmie sur le plan géopolitique avant les élections locales ne lui ont offert qu’un répit temporaire.

Accusant le coup de la crise financière qui l’a secouée l’an dernier, l’économie turque est entrée en récession au 4e trimestre 2018. La dynamique de croissance de la Turquie devrait rester l’une des plus faibles des pays émergents : la demande intérieure tourne fortement au ralenti, le taux de chômage est reparti à la hausse et le rebond des exportations devrait être freiné par la faiblesse des partenaires commerciaux (Europe). L’année 2019 pourrait se solder par une contraction du PIB de -0,2%.

Au vu de la déprime de la conjoncture, la banque centrale de Turquie (CBRT) pourrait bientôt entamer un cycle de baisse des taux. Le risque est que la CBRT en fasse trop pour stimuler la croissance. Des taux trop bas pourraient fragiliser la TRY et nourrir les pressions inflationnistes alors que l’inflation, toujours proche de 20%, est encore loin d’être revenue sous contrôle.

Les risques économiques et politiques restent nombreux pour la Turquie. Le remboursement de la dette extérieure, estimé à 80 milliards de dollars en 2019, constitue également un important défi. La TRY est certes faiblement valorisée mais aussi très volatile. Elle reste avant tout réservée aux investisseurs avertis.

EUR/TRY:


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