Management Server
Téléphone

Deutsche Bank

En résumé

  • Depuis le début de l'année, la croissance économique est vigoureuse. Avec toutefois un léger ralentissement depuis peu.
  • Plusieurs risques importants font peser une menace sur cette croissance: le protectionnisme, le surcroît d'inflation suite à l'augmentation des prix du pétrole (en raison du retrait des États-Unis de l'accord avec l'Iran) et l'incertitude politique dans la zone euro (Italie et Espagne).

La croissance économique reste vigoureuse, même si elle arrive progressivement à son apogée. Certains risques majeurs se profilent à l'horizon.

1

L'économie américaine est vigoureuse

L’économie américaine tourne à plein régime grâce à la demande intérieure, aux baisses d’impôts et à l’augmentation des dépenses publiques. Au 1er trimestre, la croissance a été meilleure que prévu grâce aux investissements des entreprises. La croissance devrait s’établir à 2,6% aux États-Unis cette année. Le risque d’une récession au cours des 12 prochains mois est faible.

Un marché de l’emploi robuste, avec un taux de chômage historiquement bas, conduit l’inflation, lentement mais sûrement, vers l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed). Nous anticipons encore une ou deux hausses de taux de la Fed au second semestre et une poursuite de la politique de réduction du bilan selon le rythme prévu.

2

Ralentissement progressif dans la zone euro

Dans la zone euro, on observe clairement un ralentissement de la croissance par rapport à 2017 (l'année record de la dernière décennie), même si cette croissance reste relativement soutenue.

La confiance des consommateurs est élevée et les investissements des entreprises sont en hausse. Le récent affaiblissement de l’euro par rapport au dollar devrait donner un petit coup de pouce aux exportations.

Les risques politiques ont fait leur réapparition. Même si beaucoup de progrès ont été accomplis depuis la crise de l’euro de 2011, l'incertitude qui règne en Italie et en Espagne peut peser sur la confiance et influencer négativement la croissance.

La BCE continuera à agir avec prudence, d’autant que l’inflation de base est encore faible (1,1% en mai) malgré la hausse récente de l’inflation générale (1,9%). Nous anticipons néanmoins que le programme d’achats d’obligations prendra fin en décembre après un démantèlement partiel en octobre (de 30 à 10 milliards d’euros par mois). Une hausse de taux est en revanche loin d’être à l’ordre du jour.

3

Le Brexit pèse sur l’économie britannique

En dépit du faible taux de chômage et de la hausse des salaires, l’économie britannique continue à ralentir. La consommation des ménages est atone et les entreprises britanniques diffèrent leurs investissements. De plus, le marché résidentiel montre des signes de faiblesse. Enfin, le récent recul de la production manufacturière a refroidi l’espoir d’un rebond partiel de la croissance après un 1er trimestre décevant. Les exportations, qui profitent de la faiblesse de la livre, ne compensent qu’en partie ces facteurs négatifs.

Comme l’inflation a entre-temps reflué, la Banque d’Angleterre a logiquement reporté sa prochaine hausse de taux de plusieurs mois.

4

Les pays émergents se portent bien

Malgré un dollar plus fort et la hausse des cours du pétrole, les pays émergents restent en course pour réaliser une croissance de 5% cette année, tirée par les poids lourds asiatiques que sont la Chine et l’Inde, et par les cinq économies les plus importantes d’Asie du Sud-Est.

En Chine, on observe un ralentissement progressif et contrôlé de la croissance, l’accent étant mis sur une croissance qualitative. Le désendettement se poursuit, les réformes des entreprises publiques s’accélèrent et la réglementation financière se renforce peu à peu. La croissance peut néanmoins continuer à surprendre positivement à court terme étant donné la fermeté du marché immobilier. Autre fait intéressant, l’intensification des échanges commerciaux entre pays asiatiques devrait contribuer à réduire leur dépendance vis-à-vis des pays occidentaux. Il s’agit là d’une évolution positive au vu du protectionnisme grandissant des États-Unis.

Tout n’est pas rose cependant, et un certain nombre de pays se trouvent pris dans une spirale négative. En Turquie, l’hésitation de la banque centrale à relever ses taux face à l’accélération de l’inflation et l’aggravation du déficit courant ont fait s’effondrer la confiance dans la lire turque. L’incertitude règne avant les élections générales de fin juin. De son côté, l’Argentine est confrontée un endettement élevé et à une inflation galopante. Même un taux directeur porté à 40% n’avait pu soutenir la devise. Le récent prêt du FMI en échange de mesures d’austérité devrait stabiliser la situation. Le grand voisin brésilien a renoué avec la croissance, mais les problèmes politiques ne sont pas encore résolus.

Russie : le président Poutine et le roi football dictent l’agenda

Le pays organisateur de la Coupe du monde de football connaît une reprise économique modérée. La croissance est soutenue par la consommation des ménages (hausse du pouvoir d’achat) et par l’industrie. Il se peut qu’à court terme, la Coupe du monde donne une impulsion supplémentaire à l’économie. Les investissements des entreprises, en revanche, ne se sont toujours pas rétablis de la chute des années précédentes.

Néanmoins, l’économie russe est aujourd’hui mieux à même de résister aux sanctions américaines qu’en 2014. Ces sanctions ont surtout un impact négatif sur les oligarques visés et leurs entreprises. Les prix pétroliers, très importants pour l’économie russe, se sont redressés, ce qui a également amélioré la situation budgétaire. L’inflation est sous contrôle, ce qui donne à la banque centrale russe une marge de manœuvre pour abaisser davantage les taux (aujourd’hui à 7,25%). De plus, la balance des paiements courants est en excédent. La Russie est dès lors moins dépendante des capitaux étrangers pour se financer.

À long terme, le potentiel de croissance de l’économie russe reste néanmoins limité. Le pays demeure extrêmement dépendant du secteur pétrolier et gazier et une grande partie de l’économie (70%) est aux mains de l’État. De plus, les infrastructures sont obsolètes. À cela s’ajoute encore le vieillissement de la population. Le gouvernement russe semble pour l’instant peu enclin à mener à bien les réformes structurelles nécessaires pour améliorer la productivité et le niveau général de prospérité.

Comment protéger mon portefeuille contre ces risques ?

Nos experts peuvent vous guider vers les meilleures solutions.
Prenez contact avec Talk & Invest au 078 156 157 ou venez poser vos questions à nos spécialistes dans votre Financial Center.

Prendre rendez-vous

Articles liés