En résumé

  • Le marché boursier américain est à nouveau en proie à de fortes turbulences.
  • Il n’y a pas lieu de céder à la panique, la conjoncture et les bénéfices des sociétés américaines restant bien orientés.
  • La volatilité pourrait persister pendant un moment mais elle devrait également offrir des opportunités d’achats.

Les nerfs des investisseurs sont mis à rude épreuve depuis plusieurs semaines. Les turbulences qui agitent Wall Street sont le dernier épisode en date. Que faut-il en penser ? Découvrez notre analyse.

Que s'est-il passé?

En raison des conflits commerciaux persistants avec la Chine et l'Europe, des tensions géopolitiques accrues (Arabie Saoudite / Iran), des élections de mi-mandat aux États-Unis, de la menace d’une augmentation des taux d'intérêt et du resserrement monétaire continu de la Réserve fédérale (Fed), le récent mouvement de faiblesse des marchés d’actions s’est accentué cette semaine. Aux Etats-Unis, l'indice S&P 500 est maintenant en baisse de 9,4% par rapport à son record du 20 septembre dernier et est désormais négatif depuis le début de l’année. En outre, la volatilité (mesurée par l’indice VIX) a atteint son plus haut niveau depuis la correction de février 2018. Bien que la faiblesse récente inquiète de nombreux participants de marché, il n’y a pas lieu de vendre dans la panique aux niveaux actuels. La baisse des marchés d’actions a certes été marquée mais il est important de souligner que la récente hausse de la volatilité n'est pas inhabituelle par rapport aux normes historiques :

1. Nombre moyen de reculs
Au cours des 20 dernières années, l'indice S&P 500 a affiché en moyenne 3 ou 4 reculs de 5% ou plus par année. Étant donné que le recul actuel ne marque que la deuxième baisse de plus de 5% de cette année, la faiblesse récente n’est pas inhabituelle du point de vue historique.

2. Faiblesse liée aux élections de mi-mandat
La volatilité des marchés d’actions a historiquement augmenté pendant une année d’élections de mi-mandat, avec une correction moyenne d'environ 20% du S&P 500 à un moment donné au cours des 12 mois précédant ces élections.

Notre point de vue et les perspectives

Bien que le S&P 500 se situe désormais au plus bas niveau depuis cinq mois, nous restons optimistes à l’égard des actions américaines pour les raisons suivantes :

1. Des fondamentaux économiques robustes
On dit souvent que le marché boursier n'est pas l'économie. Ce sentiment ne pourrait pas être plus vrai à l’heure actuelle, la faiblesse récente du marché d’actions ne reflétant pas la vigueur de l’économie américaine. Au vu du resserrement continu du marché du travail (taux de chômage au plus bas depuis près de 50 ans) et d’une confiance des consommateurs et des entreprises au plus haut depuis plusieurs décennies, nous prévoyons que la croissance économique américaine s'accélérera à 2,9% en 2018, ce qui serait la plus forte croissance depuis 2005. Selon nous, le risque d’une récession est limité au cours des 12 prochains mois. Comme les indicateurs avancés (qui ont toujours correctement prédit les récessions au cours des 50 dernières années) continuent d’augmenter, il semble que l’économie américaine ait beaucoup de marge de progression et que l'expansion économique en cours deviendra probablement la plus longue jamais enregistrée l’an prochain.

2. Bénéfices résilients
Les bénéfices du S&P 500 devraient augmenter d'environ 22% en glissement annuel au 3ème trimestre. Ce serait la première fois depuis 2010 que les bénéfices du S&P 500 progresseraient de plus de 20% pendant trois trimestres consécutifs. Fait important à noter, après une révision à la hausse d'environ 10% depuis le début de l'année, les estimations du bénéfice par action de l'indice S&P 500 pour 2019 (178 $) sont demeurées pratiquement inchangées et n'ont pas baissé au cours du dernier mois. Cela donne à penser que les entreprises restent confiantes quant à la croissance future de leurs bénéfices, malgré les obstacles liés aux échanges commerciaux, à l’appréciation du dollar et à la compression potentielle des marges. La résilience des résultats devrait soutenir les marchés d’actions à l'avenir.

3. Valorisations plus favorables
Suite aux ventes massives sur le marché boursier US et à la résilience des prévisions de bénéfices, les valorisations sont désormais nettement plus attractives que les niveaux observés au début de cette année. Avec un rapport cours/bénéfice estimé pour les 12 prochains mois de 15,7, l’indice S&P 500 cote désormais au plus bas niveau depuis février 2016 et se situe en dessous de la moyenne des cinq dernières années.

4. Effet saisonnier positif
Deux facteurs saisonniers devraient soutenir le marché d’actions US. Premièrement, le 4ème trimestre a historiquement été le meilleur trimestre de l'année, le S&P 500 ayant progressé de 5,7% en moyenne au cours des 20 dernières années. Deuxièmement, les 12 mois qui ont suivi des élections de mi-mandat ont historiquement constitué un environnement favorable pour le S&P 500 : l'indice a en effet affiché une performance positive après 21 des 22 dernières élections de mi-mandat et a progressé d'environ 15% en moyenne sur cette période.

Conclusion

  1. 1. Nous ne modifions pas fondamentalement nos perspectives économiques pour les Etats-Unis (nous n’anticipons pas de récession, ce qui justifierait fondamentalement une forte correction).
  2. 2. Nous réitérons notre objectif de cours à 12 mois de 3.000 points pour l’indice S&P 500.
  3. 3. Par conséquent, nous considérons l’épisode actuel comme une opportunité d'achat. Ceci étant, compte tenu des incertitudes qui règnent sur les marchés également à l’étranger (par exemple, les tensions autour du budget italien et le Brexit), nous nous attendons à ce que la volatilité reste élevée pendant un certain temps. Nous recommandons donc plutôt de mettre cette volatilité élevée à profit pour entrer sur le marché.

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