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En résumé

  • Après un début d’année en boulet de canon, les marchés boursiers ont connu un sérieux coup de frein en février.
  • La volatilité ne pouvait pas rester éternellement à des niveaux planchers pour une multitude de raisons.
  • Même si la correction récente n’était pas inattendue, elle ne remet pas en cause notre avis favorable sur les marchés d’actions à long terme.

Le grand retour annoncé de la volatilité

Pour la première fois depuis plusieurs années, la volatilité a fait son grand retour sur les marchés boursiers. Ce lundi 5 février, l’indice VIX - l’indice de volatilité implicite du S&P 500 - a atteint son plus haut niveau (37 points) depuis août 2015 et les indices Dow Jones Industrial Average (- 1.175 points) et S&P 500 (- 113 points) ont enregistré leur plus grosse perte journalière.

Dans le 1er thème d’investissement (« Un investisseur averti en vaut deux ») de notre publication « Perspectives 2018 » parue en début d’année, nous avions envisagé ce scénario. La volatilité ne pouvait pas rester éternellement à des niveaux planchers pour une multitude de raisons, allant des risques géopolitiques à l’excès d’euphorie ambiante qui régnait. Après un début d’année en boulet de canon, l’indice S&P 500 signant même son meilleur mois de janvier depuis 1997, les marchés boursiers ont connu un sérieux coup de frein en février.

5 raisons de ne pas céder à la panique

Cependant, nous invitons à garder son sang-froid et à ne pas céder à la panique, et ce pour plusieurs raisons.

1

L’inévitabilité

Le temps jouait contre les marchés boursiers. Au vu de leur impressionnant rallye presque ininterrompu, une correction était inévitable. L’indice S&P 500 avait progressé un nombre record de fois (312 jours ouvrables) depuis sa dernière baisse de 3% et la hausse du S&P 500 qui vient de se terminer est la 4e plus longue de son histoire (405 jours ouvrables) sans correction de plus de 5%. Alors que le marché d’actions américain enregistre en moyenne au moins 3 baisses de 5% ou plus par an, 2017 fut la première année depuis 1995 où ce ne fut pas le cas.

2

Remise en perspective

Bien que la correction du S&P 500 soit, en points, la plus importante sur deux jours, elle n’est que la 117e en termes relatifs (en pourcentage) depuis 1929.

3

L’excès d’optimisme

Depuis plusieurs mois, certains indicateurs montraient que l’euphorie avait gagné les investisseurs :

  • L’indice RSI sur 14 jours montrait un niveau de sur-achat record des marchés d’actions. Cet indice RSI mesure la force d’une tendance, aussi bien à la hausse qu’à la baisse.
  • La part allouée aux liquidités par les investisseurs institutionnels était revenue à son plus bas niveau depuis 18 ans.
4

Les incertitudes politiques à Washington

La politique aux Etats-Unis reste un risque majeur à court terme. L’échéance du plafond de la dette se rapproche (probablement début mars) et la probabilité d’une nouvelle fermeture partielle de l’administration fédérale (« Government shutdown ») est réelle. De plus, l’enquête visant l’entourage de Donald Trump sur des allégations de collusion avec la Russie pendant la dernière campagne présidentielle américaine pourrait également apporter son lot de volatilité. Cette dramaturgie à Washington ne devrait cependant pas casser la dynamique de la croissance américaine.

5

Les taux d’intérêt

Nous estimons que la hausse des taux obligataires est le résultat de la vigueur de la croissance économique. Néanmoins, la rapidité de cette hausse des taux a surpris les investisseurs. De plus, les bons fondamentaux économiques ont augmenté la probabilité de voir la Réserve fédérale (Fed) resserrer sa politique monétaire davantage que prévu, ce qui a rendu les investisseurs plus nerveux.

Les fondamentaux restent en soutien des marchés d’actions

Après une longue période de hausse pratiquement ininterrompue, une correction des marchés boursiers était attendue depuis un certain temps. Nous réitérons cependant notre avis favorable sur les actions pour les raisons suivantes.

1

Prospérité économique

Les fondamentaux économiques aux Etats-Unis (et au niveau global) restent robustes, comme en attestent l’amélioration du marché de l’emploi et le niveau élevé des indices PMI (indices des directeurs d’achats). Nous estimons que la probabilité d’une récession au cours des 12 prochains mois est très faible (inférieure à 5%). Historiquement, une récession est précédée par des plongeons conséquents du marché boursier.

2

Croissance des bénéfices exceptionnelle

La solidité des bénéfices du 4e trimestre 2017 a offert du soutien au marché d’actions. Plus de 80% des entreprises du S&P 500 ayant publié leurs résultats trimestriels à ce jour ont battu les attentes des analystes. Il s’agit du pourcentage le plus élevé pour un trimestre depuis 2007. De plus, les guidances des entreprises ont été encourageantes. De fait, les prévisions de bénéfices du consensus pour 2018 ont augmenté d’environ 6% depuis l’adoption de la réforme fiscale par le Congrès américain et pourraient encore augmenter davantage d’ici la fin de la saison de résultats trimestriels.

3

Ingénierie managériale

Outre son impact positif sur les bénéfices, la réforme fiscale devrait inciter le management des entreprises US à prendre des décisions en faveur des actionnaires. Nous anticipons une augmentation des dividendes, des rachats d’actions propres et/ou des opérations de croissance externe (fusions-acquisitions).

4

Valorisations boursières

Le rapport cours/bénéfices réalisés de l’indice S&P 500, qui se trouve à 21, est actuellement proche de son niveau le plus élevé depuis 2002. Par contre, le rapport cours/bénéfices estimés du S&P 500 est de 17,5. Compte tenu de la forte augmentation récente des bénéfices attendus, le rapport cours/bénéfices estimés constitue selon nous un meilleur baromètre de la valeur actuelle du marché boursier américain.

5

Pas d’erreurs de débutant

Jerome Powell, le nouveau président de la Réserve fédérale, et le reste du Comité de politique monétaire de la Fed ne devraient pas relever les taux d’intérêt et durcir les conditions financières de façon excessive. Par ailleurs, la politique actuelle de la Fed reste relativement accommodante dans une perspective historique. Compte tenu de la forte sensibilité de l’économie américaine à la hausse des taux d’intérêt, il est probable que la Fed modifierait la trajectoire de sa politique monétaire actuelle si les fondamentaux économiques venaient à se dégrader.

6

Valeur relative

Malgré leur forte hausse depuis le début de l’année, les taux d’intérêt et les spreads de crédit restent à des niveaux bas d’un point de vue historique. Ce faisant, les actions restent plus attractives que les obligations en termes relatifs et nous estimons que la valeur correcte (« fair value ») de l’indice S&P 500 est bien plus élevée que les niveaux actuels.

Conclusion : avis favorable sur les marchés d’actions à long terme

La correction récente du marché boursier n’était pas inattendue mais elle ne remet pas en cause notre avis favorable sur les marchés d’actions à long terme. Malgré les plus fortes turbulences boursières sur deux jours observées depuis le mois d’août 2015, l’indice S&P 500 affiche un recul de moins de 1% depuis le début de cette année. De façon plus importante, le contexte sous-jacent d’amélioration de la croissance économique et des bénéfices devrait continuer à offrir du soutien aux marchés d’actions mondiaux.

Compte tenu de ces éléments, nous considérons les périodes de faiblesse des cours comme des opportunités d’achats de nos secteurs (par exemple la technologie et les financières) et régions (zone euro et Asie émergente) préférés.

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