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En résumé

  • Un apaisement rapide des tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis est peu probable.
  • Les sanctions économiques contre la Corée du Nord bénéficient à présent d’un large soutien. Toutefois, les options militaires sont très limitées.
  • Une escalade non militaire des tensions entraînera plus de remous sur les marchés des capitaux, mais ses conséquences devraient rester limitées.

Que s’est-il passé ?

Le 3 septembre, la Corée du Nord a affirmé avoir procédé à un essai réussi d’une bombe à hydrogène qui pourrait être installée sur un missile à longue portée. Cette déclaration intervient quelques jours à peine après le lancement par ce pays de plusieurs autres missiles, dont un a survolé le territoire japonais.

Nous restons d’avis qu’aucun conflit chaotique ou armé ne surviendra. Néanmoins, il existe de bonnes raisons de rester vigilants. Un motif d’inquiétude réside dans le caractère imprévisible partagé, dans une certaine mesure, par les dirigeants des deux principales parties à ce conflit. Une guerre des mots au niveau international pourrait d’ailleurs leur servir pour détourner l’attention de leurs difficultés sur le plan domestique. De même, les États-Unis sont dans l’incapacité de riposter de manière évidente aux provocations verbales (et également militaires) continues de la Corée du Nord.

Certains signes indiquent toutefois que M. Trump pourrait tendre vers une diplomatie plus conventionnelle. Pour exemple : le limogeage de Steve Bannon, son ancien conseiller, et son discours sur la politique « renouvelée » en Afghanistan. Un autre motif permet d’envisager un maintien et, en fin de compte, un renforcement des efforts diplomatiques. Pour la première fois, la Chine et la Russie viennent en effet d’approuver les sanctions des Nations Unies.

Notre vision et les conséquences sur les investissements

À nos yeux, l’issue la plus probable est que l’escalade militaire sera évitée. La menace nucléaire de la Corée du Nord persistera, mais elle sera contenue par les sanctions et par la pression implicite. Nous pensons que la Corée du Nord ne se débarrassera jamais volontairement de son arsenal nucléaire, ni qu’une puissance étrangère pourrait diriger une frappe chirurgicale préventive conduisant à la destruction de ses capacités nucléaires.

Des sanctions plus harmonisées et plus fortes, essentiellement de la Russie, de la Chine et des États-Unis, pourraient cependant maîtriser la Corée du Nord et la dissuader de toute nouvelle provocation. Toutefois, les marchés financiers continueront de réagir aux poussées de fièvre sporadiques dans la région et aux changements de ton, en particulier de la Corée du Nord et des États-Unis, jusqu’à ce que les récentes provocations nord-coréennes soient un peu moins fraîches dans les esprits.

Les marchés des capitaux

Les réactions des marchés des capitaux à la récente escalade des tensions ont jusqu’ici été plutôt modérées mais visibles. Évoquant « le feu et la colère », les remarques du Président Trump du 8 août dernier ont entraîné une chute du Kospi, le principal indice boursier sud-coréen, de 1,1% ce jour-là et de 2,1% supplémentaires au cours des deux jours suivants. Depuis, il les a presque entièrement récupérés. Le won coréen a quant à lui progressé au cours de ces trois jours. Le 10 août, l’indice MSCI World a perdu 1,1%, affichant pour seulement la deuxième fois cette année une baisse de plus de 1%. Le 4 septembre, les actions asiatiques et européennes ont légèrement reculé en réaction au dernier essai nucléaire tandis que le yen japonais et l’or progressaient.

Prenant en compte une perspective à plus long terme, la Réserve fédérale américaine a publié l’an dernier une étude analysant les conséquences de 13 attaques de la Corée du Nord entre 1999 et 2010 sur les investissements sur le marché boursier de la Corée du Sud (Jeffrey R. Gerlach et Yook Youngsuk ; « Political Conflict and Foreign Portfolio Investment: Evidence from North Korean Attacks »). Elle a ainsi révélé qu’après les attaques, les investisseurs étrangers ont augmenté leurs positions en actions sud-coréennes et qu’ils ont acheté plus d’actions risquées. Toutefois, il ne serait pas judicieux d’appliquer ces conclusions aux provocations actuelles de la Corée du Nord. Leur niveau de gravité est d’un autre ordre. Elles semblent également s’inscrire dans une tendance à plus long terme difficile à inverser, plutôt que dans le cadre d’événements ponctuels pouvant créer des opportunités.

Aussi, même si nous écartons une intervention militaire, toute nouvelle escalade dans ce dossier pourrait pousser les acteurs du marché à réduire leur exposition au risque, quoique probablement de manière contenue. En revanche, si un conflit militaire apparaissait comme inévitable - un scénario différent de notre prévision de départ - les turbulences sur les marchés prendraient bien évidemment une tout autre proportion.

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