En résumé

  • Le Congrès aux Etats-Unis est désormais divisé entre Chambre démocrate et Sénat républicain. Ainsi en ont décidé les électeurs américains.
  • Au final, cette cohabitation n’est pas spécialement défavorable aux marchés boursiers.
  • Démocrates et républicains devraient s’entendre pour lancer un grand programme d’investissement dans les infrastructures.

A qui profitent ces élections ?

Les élections de mi-mandat avaient lieu ce mardi aux Etats-Unis et les résultats sont tombés ce matin. Les républicains ont renforcé leur majorité au Sénat tandis que les démocrates, comme le prévoyaient les sondages, ont glané la majorité à la Chambre des représentants, qui était jusqu’à présent aux mains des républicains. Le Congrès est donc désormais divisé en deux, ce qui reflète la division profonde qui caractérise la société américaine.

Malgré ce succès, certains démocrates s’avouent déçus, les sondages ayant prédit une plus large victoire de leur camp dans les deux chambres. A contrario, les républicains et Donald Trump se sont dit rassurés, et seront donc parvenus à limiter les dommages.

Peu d’impact sur les marchés pour l’instant

Ce scénario, globalement attendu, a eu peu d’impact sur les marchés. A plus long terme, du point de vue de l'investisseur, l'important est de savoir comment le résultat de l'élection dictera les futures actions à Washington. Les enjeux politiques couvrent à la fois des problèmes locaux comme l'immigration ou les soins de santé, mais aussi des éléments plus globaux tels que le commerce et les tarifs douaniers. Un Congrès « divisé » n’est pas nécessairement une mauvaise chose pour la bourse américaine, en tout cas au vu des rendements historiques des marchés boursiers. Lors de précédentes investitures, pour lesquelles le président était républicain et le Congrès divisé en deux camps, l’indice S&P 500 a enregistré une performance moyenne d'environ 10,8% (chiffres analysés depuis 1933).

Un Congrès divisé ? Pas nécessairement une mauvaise nouvelle…

Ainsi, le S&P 500 n’a jamais connu de performances négatives au cours des 12 mois qui ont suivi une élection de mi-mandat depuis 1946. L’une des raisons à ceci est que le président en exercice cherche à se faire réélire et est donc plus susceptible d’être conciliant, afin d’obtenir des avancées qui soutiendront la croissance économique, notamment en matière de dépenses fiscales et de budget. Dans le cas du président Trump, il y a fort à parier que les relations commerciales avec la Chine vont s’améliorer, et qu’un accord sera trouvé pour lancer un grand programme de dépenses en matière d’infrastructures, ce dont les démocrates sont prêts à débattre. Rien n’est cependant acquis, l’investiture de Donald Trump étant caractérisée par de nombreux conflits, dont le différend commercial avec la Chine. Les 12 prochains mois pourraient donc être plus chahutés.

Augmentation des dépenses en infrastructures

Aujourd’hui, au vu de la répartition du pouvoir dans chaque camp, il y a de fortes chances que le président Trump et les démocrates coopéreront pour mettre en œuvre une nouvelle politique budgétaire consistant à augmenter les dépenses en infrastructures, ce sur quoi les deux parties sont d’accord. La façon dont ces dépenses seront financées doit cependant encore être débattue. Au vu des récentes réductions d’impôts, les perspectives budgétaires des Etats-Unis semblent cependant s’assombrir. Une des solutions pourrait être d’encourager des partenariats de financement public-privés, ce qui ouvrirait la porte à de nouveaux investissements. De plus, la majorité des démocrates à la Chambre des représentants pourrait venir adoucir les velléités protectionnistes de Donald Trump.

Bien que ce soient certaines des implications politiques et économiques positives, il y a également la possibilité de scénarios moins positifs. L'année prochaine, le Congrès doit approuver la révision de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), et relever le plafond de la dette, ce qui sera plus compliqué avec la division de pouvoir actuelle. D'autres points du programme présidentiel pourraient également être bloqués et retardés. Mais dans l’ensemble, le résultat de ces élections de mi-mandat n’est à priori pas défavorable pour les marchés.

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