En résumé

  • L'utilisation des billets et des pièces régresse d'année en année.
  • L'argent liquide vit-il ses dernières heures ? Le professeur Bruno Merlevede (UGent) répond à 7 questions. Cash.
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Le cash est-il en passe de disparaître du paysage belge ?

“Selon une étude récente de la BCE, 63% des paiements quotidiens en Belgique s’effectuent encore en espèces. C’est plus qu’aux Pays-Bas (45%), mais moins qu’en Espagne (87%) et même en Allemagne (80%)”, explique le professeur Bruno Merlevede. “Dans notre pays, les paiements en cash régressent et les paiements électroniques progressent depuis plusieurs années. Cette tendance s’explique notamment par l’évolution démographique. Les jeunes générations ont grandi avec la carte bancaire, et certains jeunes ne savent même pas ce qu’est un chèque. Depuis quelques années, diverses innovations accélèrent ce processus.

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Dans ce domaine, la Belgique n’est donc pas en tête de course ?

“Effectivement. Payer son pain via une empreinte digitale ou un scan de l’iris, ce n’est pas pour demain. Nous n’avons pas pour autant des années-lumière de retard. En Belgique, il est possible de payer sans contact, via un code QR ou via une appli, dans plus en plus de magasins. Quant à savoir si les nouveaux modes de paiement deviendront la norme… Il faudra voir s’ils améliorent réellement le confort de paiement, et surtout s’ils sont perçus comme suffisamment sûrs. Le consommateur lambda tient à introduire un code ‘quelque part’. Cela donne le sentiment de conserver le contrôle de ses paiements."

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Et dans le reste du monde ?

“Hors de nos frontières, l’évolution vers la disparition de l’argent liquide se fait à différentes vitesses. Même au sein de la zone euro. Ces disparités sont non seulement nationales, mais aussi démographiques et géographiques. Ce phénomène est très marquant aux États-Unis. Le cashless s’est imposé dans les villes, tandis que le billet vert continue à régner en maître dans l’Amérique profonde. De nombreux américains perçoivent d’ailleurs encore leur salaire en espèces."

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Pensez-vous que le cash sera un jour rayé de la carte ?

“Les coupures de 500 € disparaîtront l’année prochaine. Ensuite, le recours à l’argent liquide diminuera progressivement. Mais pas aussi vite que certains le prédisent. Dans le monde, 85% de toutes les transactions s’effectuent encore en cash, tout simplement parce que 40% de la population mondiale n’a pas de compte bancaire. On pourrait faire une analogie avec les transports. Ce n’est pas parce que de nouveaux modes de déplacement apparaissent (hoverboard, vélo électrique…) que les anciens disparaissent (automobile, vélo…). Autrement dit, l’émergence de nouveaux modes de paiement n’entraînera pas nécessairement la disparition des méthodes de paiement actuelles."

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Quels sont les avantages d’un monde sans cash ?

“Ils sont nombreux. Chaque avantage doit toutefois être nuancé. Les partisans du cashless avancent souvent l’argument du coût. La production de billets et de pièces coûte cher, de même que leur stockage, leur sécurisation, leur distribution… Mais les transactions électroniques sont aussi onéreuses : serveurs, sécurité, électricité, connexions 4G pour effectuer les paiements… Ce coût est inférieur à celui du cash, mais ce n’est pas gratuit pour autant."

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Y a-t-il d'autres avantages ?

"Une diminution du nombre d’attaques de banque, de cambriolages et de vols. Et si le cash disparaît, la fraude deviendra plus difficile, car les transactions électroniques laissent une trace, à l’inverse des paiements en liquide. Je crains toutefois que le problème ne soit pas totalement résolu pour autant, car les criminels vont tout simplement changer de terrain. Avec des devises cryptées telles que le bitcoin, par exemple, il est aussi possible d’effectuer des transactions anonymes, qu’elles soient licites ou illicites.”

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Le recul du cash changera-t-il nos habitudes de consommation ?

“Certainement. Diverses études révèlent que l’on dépense plus quand on paie par carte de banque. Pourquoi ? Sans doute parce que la saisie d’un code sur un terminal de paiement est moins ‘douloureuse’ que l’échange physique de billets. Le paiement cashless favorise incontestablement la consommation. D’autre part, il semblerait aussi que l’on est davantage attaché, émotionnellement, à un article lorsqu’on l’a payé en espèces.”

Deutsche Bank vous permet déjà de payer sans contact.


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Sources: ECB, Bloomberg, BBC, Forbes, Financial Times, Journal of Experimental Psychology: Applied, World Payments Report 2017