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Brexit : et maintenant ?

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Avec presque 52% des votes en faveur du Brexit, la Grande-Bretagne a choisi de lâcher la dernière amarre qui la maintenait encore à l’Union européenne, non sans fracas. Ce résultat, craint par de nombreux investisseurs, a pris les marchés par surprise. Le 23 juin, jour du référendum, les bourses montaient pourtant encore, soutenues par les derniers sondages qui donnaient le camp des eurosceptiques perdant. Les velléités d’indépendance de certaines franges de la population britannique, exacerbées par les discours anti-européen, auront toutefois eu gain de cause, et par la même occasion, la tête de son premier ministre David Cameron.

Le début d’un long processus

La décision de la Grande-Bretagne de quitter l’UE est juste le début d’un long processus. Dans un premier temps, il faudra désigner un nouveau Premier ministre britannique d’ici septembre. Ne voulant pas lui-même signer le divorce avec l’UE, David Cameron laissera à son successeur la responsabilité d’activer l’article 50 du Traité de Lisbonne, qui enclenche la demande de sortie de l’Union. Commencera ensuite une période de 2 ans pendant laquelle dirigeants européens et britanniques devront négocier de nouveaux accords. La tâche semble ardue puisque l’UE voudrait limiter cette période d’incertitude au contraire des Britanniques qui tentent de gagner du temps.

Il ne fait nul doute que le résultat du référendum aura des répercussions négatives sur l’économie britannique (risque de récession) et, dans une moindre mesure, sur celle de la zone euro (PIB ajusté à la baisse de -0,1% pour 2016 à 1,6% et de -0,4% pour 2017 à 1,1%).

Réveil en panique sur les marchés financiers

On peut aisément se rendre compte que les marchés d’actions n’avaient absolument pas anticipé le scénario d’un Brexit puisqu’ils avaient fortement rebondi au cours des jours ayant précédé le vote. Véritablement cueillis à froid à l’annonce des résultats, ils se sont dès lors réveillés en panique. Les pertes à la clôture de la première séance d’après-référendum (le 24 juin) ont été très sévères : -9,2% pour l’Eurostoxx50, -8% pour le Dax, ou -8.5% pour le Bel20. Au niveau sectoriel, les valeurs bancaires ont été les plus durement touchées (l’indice du secteur bancaire européen a perdu près de 25% en deux séances). Du côté des devises, si l’euro a abandonné quelques pourcents, la livre sterling s’est effondrée, touchant même un plus bas niveau depuis plus de 30 ans face au dollar américain. Dans le même temps les investisseurs se sont rués vers les obligations les plus sûres comme le Bund allemand et le Bon du Trésor US, et vers d’autres valeurs refuge comme l’or (+6,5% le 24 juin).

La volatilité devrait persister

Les défis sont importants et l’incertitude va rester de mise. A moyen terme, la volatilité devrait donc persister, tant que l’article 50 n’a pas été activé et les premiers accords trouvés. Les grandes banques centrales ont d’ores et déjà toutes annoncé qu’elles se tenaient prêtes à intervenir si les effets collatéraux du Brexit devaient perdurer et nuire à leur économie. Au niveau des marchés, la dégringolade qui a suivi l’annonce du Brexit a permis à certains investisseurs de faire des bonnes affaires, les bourses reprenant alors quelques couleurs. Si l’on parle déjà de « Brecovery » (rétablissement des bourses suite au Brexit), il est encore trop tôt pour savoir si ce rebond sera durable. Cela dépendra fortement de l’évolution politique de la crise. Avec la sortie de la Grande-Bretagne, une première dans l’histoire de l’UE, une boîte de Pandore a été ouverte, que les dirigeants européens vont devoir refermer au plus vite, afin d’éviter tout effet de contagion à d’autres pays membres.

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