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Brexit : quel bilan intermédiaire ?

Le Parlement britannique vient de voter le fameux “article 50”. A quoi s’attendre ?



Nous faisons le point sur le Brexit, près de 9 mois après le vote des Britanniques et alors que le Parlement vient de voter le fameux « article 50 ».

Le 23 juin 2016, les Britanniques votaient en faveur d’une sortie de l’UE lors du référendum sur le Brexit. Ce n’est toutefois que le 29 mars 2017 que la Première ministre Theresa May activera l’article 50 en Grande-Bretagne, ce qui déclenchera la procédure de divorce avec l’Union européenne.

Aujourd’hui, la Grande-Bretagne est donc encore membre de l’UE, mais la position de Theresa May est claire : « Après le Brexit, il n’y aura plus de libre circulation des personnes, plus de marché unique et plus d’union douanière. » Elle met toutefois l’accent sur le fait que son pays entend conserver un lien étroit avec le continent et renvoie pour cela aux valeurs politiques communes et à la volonté britannique d’encourager au maximum le libre-échange avec l’Europe. Elle souhaite négocier une convention avec l’Europe à cette fin.

L’économie britannique se porte mieux que prévu

Les conséquences du Brexit restent encore incertaines, et pour l’heure, l’économie se porte même mieux que prévu. Lors de la présentation de son budget le 8 mars, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a annoncé que l’Office for Budget Responsability (OBR) britannique avait revu ses perspectives de croissance pour 2017 à la hausse, et que l’on anticipait à présent une croissance du PIB de 2% au lieu de 1,7%. M. Hammond a également indiqué que moins d’emprunts seront émis au cours des prochaines années, et que le déficit budgétaire de l’exercice fiscal en cours sera inférieur aux prévisions publiées voici quatre mois.

D’après les estimations actuelles, le déficit s’élèvera à 56,2 milliards de livres sterling au lieu de 68,2 milliards : une manne qui pourrait permettre aux Britanniques de générer un surplus de croissance. Le sursis est donc prolongé. À plus long terme, la dynamique de croissance devrait pourtant s’essouffler, car l’affaiblissement de la livre entraînera une perte de pouvoir d’achat, et l’on prévoit un recul des dépenses d’investissement en raison de l’incertitude concernant le retrait de l’UE.

La livre sterling sous pression

Dans l’attente des négociations sur le Brexit, la livre sterling (GBP) traverse une période difficile. Alors que la situation était encore favorable fin 2016, la démission de l’ambassadeur britannique auprès de l’UE et le ton inflexible de la Première ministre Theresa May ont à nouveau mis la livre sous pression début 2017. Cette année, la devise britannique demeurera volatile et sera en grande partie tributaire de la manière dont sera réglé le Brexit.

L’affaiblissement de la livre a un impact positif pour les entreprises du Footsie100 (l’indice phare de la bourse de Londres), particulièrement orientées vers l’exportation, et qui enregistrent ainsi une augmentation de leurs revenus. Après la révision à la hausse des prévisions des analystes, la croissance bénéficiaire escomptée pour 2017 s’élève d’ailleurs à plus de 20%. Par contre, en ce qui concerne l’indice Footsie250, davantage axé sur le marché intérieur, l’affaiblissement de la livre est moins favorable en raison du recul attendu de la demande intérieure. En termes d’exposition aux actions britanniques, notre préférence va dès lors à l’indice Footsie100.



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