En résumé

  • La Banque centrale européenne (BCE) a laissé sa politique monétaire inchangée à l’issue de sa dernière réunion du 7 septembre.
  • Les membres du conseil de la BCE s’inquiètent cependant du renforcement de l’euro et d’une inflation qui reste contenue.
  • Mario Draghi a cependant entrouvert la porte pour une réduction graduelle de son programme d’achats d’obligations (tapering) à partir de janvier 2018.

Comme souvent lors des réunions des grands argentiers de la planète et en particulier lors des discours de Mario Draghi, il fallait lire entre les lignes. Nous avons décodé pour vous les principaux enseignements de la dernière réunion de la BCE.

Que retenir de la réunion de septembre de la BCE ?

Comme attendu, la BCE a laissé sa politique monétaire inchangée à l’issue de sa dernière réunion. Les taux directeurs ont donc été maintenus à leurs niveaux planchers et le montant des achats d’obligations reste fixé à 60 milliards d’euros par mois.

Pendant la conférence de presse, Mario Draghi a cependant annoncé que la recalibration du programme d’assouplissement quantitatif, qui court jusqu’à la fin de l’année dans sa forme actuelle, serait discutée à l’automne. Les marchés seront informés des décisions de la BCE après la réunion du 26 octobre.

Il a aussi indiqué que la plupart des membres du Conseil des gouverneurs de la BCE avaient exprimé leurs inquiétudes par rapport au renforcement de l’euro. Cette évolution a notamment conduit la BCE à abaisser ses prévisions d’inflation de 0,1% pour les deux années à venir. De fait, si la prévision d’inflation reste de 1,5% pour 2017, la BCE anticipe désormais une inflation de 1,2% en 2018 et de 1,5% en 2019. Ces nouvelles prévisions s’éloignent encore davantage de l’objectif de la BCE, à savoir une inflation légèrement inférieure à 2%.

Par ailleurs, la BCE a uniquement relevé ses prévisions de croissance pour 2017 (de 1,9% à 2,2%) et laissé celles pour 2018 et 2019 inchangées (respectivement 1,8% et 1,7%).

Notre lecture des événements

Les commentaires de Mario Draghi sur les inquiétudes de la BCE concernant l’euro n’ont pas réussi à inverser la tendance récente de la monnaie unique qui a clôturé au-dessus de 1,20 face au dollar pour la première fois depuis janvier 2015. La BCE semble avant tout s’inquiéter de la vitesse d’appréciation de l’euro (+3,4% depuis sa réunion de juillet) tout en se gardant d’exprimer son inquiétude sur le niveau de celui-ci.

Outre l’euro, la BCE reste confrontée au dilemme d’une croissance économique robuste combinée à des pressions inflationnistes modestes. Ceci étant dit, l’inflation de base en zone euro (+1,2% en août) s’est en partie normalisée par rapport à ses plus bas. Par conséquent, à moins d’une nouvelle flambée supplémentaire de l’euro, il est probable que la BCE annoncera fin octobre une réduction graduelle de son programme d’achats d’obligations (tapering) à partir de janvier 2018. Différents scénarios sont à l’étude et le programme pourrait être prolongé jusque mi-2018 à une cadence de 40 milliards d’euros par mois.

La BCE devrait toutefois se ménager la possibilité d’en faire davantage si nécessaire en conservant sa guidance sur le QE (Quantitative Easing ou assouplissement quantitatif). Par ailleurs, nous n’anticipons aucune hausse des taux de la BCE au cours des 12 prochains mois, ceux-ci étant susceptibles de rester à leurs niveaux actuels « pendant une période prolongée, et bien au-delà de l’horizon des achats nets d’actifs ».

Last but not least, nous maintenons notre prévision pour le taux de change EUR/USD à 1,10 à fin juin 2018. L’amélioration des données économiques aux Etats-Unis et la poursuite attendue de la normalisation de la politique monétaire de la Fed devraient finir par redonner quelques couleurs au billet vert. Ceci étant dit, la parité EUR/USD restera vraisemblablement bien au-dessus de ce niveau ces prochains mois, notamment en raison des querelles politiques outre-Atlantique.

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