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Deutsche Bank

En résumé

  • Pour 2018, Deutsche Bank prévoit une accélération de la croissance mondiale à 3,8%, contre 3,7% en 2017.
  • L'embellie profite surtout aux Etats-Unis et aux pays émergents.
  • Il faut toutefois rester attentif aux nuages susceptibles de venir assombrir le tableau.
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Vue d'ensemble

La croissance mondiale reste solide et synchronisée. Nous anticipons une accélération de la croissance à 3,8% cette année, contre 3,7% l’année dernière.

Certains témoins se sont néanmoins mis à clignoter:

  • Une croissance soutenue peut en effet entraîner une hausse trop importante de l’inflation, en particulier aux États-Unis. Si tel était le cas, la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait décider de relever les taux plus rapidement et plus radicalement que prévu. Or, les brusques hausses de taux ne sont pas propices à la croissance économique.
  • La montée du protectionnisme, alimentée par le président Trump, pourrait dégénérer en guerre commerciale si les partenaires commerciaux des USA décidaient à leur tour d’imposer des droits à l’importation.
  • Les évolutions géopolitiques représentent également un risque global, malgré l'apaisement des relations avec la Corée du Nord.
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Etats-Unis: bientôt une période de croissance record

  • Selon nos prévisions, la croissance devrait monter en régime aux États-Unis pour atteindre 2,5% en 2018.
  • Cette croissance est soutenue par la réforme des impôts et le programme d'investissements publics.
  • Les Etats-Unis sont en passe de signer la période de croissance la plus longue de leur histoire.

La hausse de l’inflation est certes un risque, mais elle ne constitue pas un souci majeur pour l'instant. En effet, la Fed souhaite d'une part rapprocher l'inflation de son objectif de 2% et, d'autre part, la croissance des salaires (une importante source d’inflation) est bénéfique pour l’économie. Si les salaires devaient augmenter de 4% sur base annuelle, le risque d’une inflation plus forte et d’une réaction plus agressive de la part de la Fed augmenterait, de même que le risque de récession.

Dans un contexte de croissance forte et de hausse modérée de l’inflation, la Fed devrait poursuivre son resserrement monétaire graduel. Elle a comme prévu relevé son taux directeur entre 1,5% et 1,75% en mars et nous anticipons encore deux hausses de taux de 0,25% en 2018. En parallèle, la Fed continuera aussi à réduire son bilan à un rythme régulier.

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Croissance soutenue dans la zone euro

  • En 2017, la zone euro a enregistré sa plus forte croissance des dix dernières années (2,5%), surpassant à nouveau les États-Unis.
  • Les indicateurs de confiance sont en léger recul par rapport à leurs niveaux record, mais restent néanmoins nettement supérieurs à leur moyenne des 3 dernières années.
  • Nous anticipons donc un ralentissement modéré de la croissance, qui devrait atteindre le niveau toujours solide de 2,3%.

Pointée à seulement 1,1% en février, l’inflation reste en revanche bien inférieure à l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci n’a donc aucune raison de changer son fusil d’épaule. Le programme de rachat d’obligations prendra fin à l’automne. La première hausse de taux pourrait intervenir au plus tôt au printemps 2019.

Sur le plan politique, c’est un soulagement que les négociations gouvernementales en Allemagne aient finalement mené à la mise sur pied d’une grande coalition. En Italie, aucun parti n’a par contre obtenu de majorité claire au parlement au sortir des élections. Le pays est entré dans une nouvelle période d’incertitude. Selon nous, ces évolutions ne devraient cependant pas avoir d’impact négatif sur la croissance de la zone euro.

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Le Japon poursuit sur sa lancée

  • L’économie nippone vient d’aligner 8 trimestres consécutifs de croissance, sa plus longue période d’expansion depuis la fin des années 80.
  • Les investissements des entreprises atteignent un niveau record, tandis que les exportations profitent de la forte demande de l’Asie pour la technologie japonaise.
  • La consommation des ménages s'est dynamisée, après avoir stagné au cours des trimestres précédents. La hausse progressive des salaires est aussi de bon augure pour la croissance future.

Autre élément positif, le président de la Banque centrale du Japon sera probablement réélu pour une nouvelle période de 5 ans. Il ne faut donc pas s'attendre à de grands changements au niveau de la politique monétaire, qui devrait rester souple. Au Japon, contrairement aux Etats-Unis et dans une moindre mesure à la zone euro, il est encore beaucoup trop tôt pour parler d’une normalisation.

Selon nous, le plus grand risque pour la croissance est une appréciation trop importante du yen.

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Perspectives favorables pour les pays émergents

  • Les perspectives sont bonnes pour les pays émergents, en particulier en Asie.
  • Cette région du monde profite d'une croissance mondiale soutenue.
  • En général, la politique monétaire continue à stimuler la croissance.

En Chine, la croissance devrait atteindre l'objectif 2018 de 6,5%. Les autorités entendent maîtriser les risques financiers en freinant notamment la hausse des crédits. Pour la première fois depuis 2012, l’objectif en matière de déficit budgétaire a été revu à la baisse, ce qui a pour effet de réduire les incitants économiques.

La Chine est en passe d'atteindre son objectif : doubler d’ici à 2020 le PIB par habitant, par rapport à 2010. Élément positif, le secteur des services continue à gagner en importance, porté par la forte demande intérieure.

Selon toute probabilité, la croissance en Inde devrait atteindre 7,5%. Au 4e trimestre 2017, le pays a enregistré sa plus forte croissance depuis 5 trimestres, alimentée par une nette reprise des investissements. La forte consommation domestique et la hausse des bénéfices des entreprises favorisent les investissements. Les banques ont retrouvé la santé et sont davantage disposées à octroyer des crédits.

Cette forte croissance est la preuve que l’économie indienne a bien digéré le double choc de la démonétisation (le retrait des grosses coupures) et de l’introduction d’une TVA unique (au lieu d’un imbroglio d’impôts locaux).

Le Brésil a renoué en 2017 avec la croissance (+1%) pour la première fois en trois ans, grâce à l'excellente tenue du secteur agricole, à la consommation privée et à la reprise mondiale.

Cette croissance est encore timide, mais l'évolution se fait dans le bon sens. Selon toute probabilité, la croissance devrait approcher les 2% en 2018. Ces bonnes perspectives se fondent sur la hausse de la consommation intérieure. Une consommation dopée depuis 12 mois par la baisse des taux, de 12,25% à 6,75%, décrétée par la banque centrale brésilienne.

Malgré la reprise actuelle, il est prématuré de crier victoire. La situation politique reste très instable, avec des scandales de corruption et des élections en octobre. En attendant, le programme de réformes a été gelé et le climat général reste peu propice aux investissements.

Perspectives de croissance 2017 – 2018 (PIB réel, en %)

  2017 2018
Monde 3,7 3,8
États-Unis 2,3 2,5
Zone euro 2,5 2,3
Allemagne 2,2 2,1
Royaume-Uni 1,7 1,3
Japon 1,5 1,5
Chine 6,9 6,5
Inde 6,7 7,5
Brésil 1,0 1,8
Russie 1,5 2,0

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Source : Deutsche Bank Wealth Management (mars 2018)