En résumé

  • Les décisions de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale américaine (Fed) seront attentivement scrutées par les marchés.
  • La récente appréciation de l’euro rend la mission de la BCE délicate.
  • Aux USA, plafond de la dette et réformes économiques vont dicter l’agenda politique.

Après un mois d'août volatil, les investisseurs s’apprêtent à vivre la rentrée avec intérêt, plusieurs événements étant susceptibles d’influencer les marchés financiers.

La BCE et la Fed sous les projecteurs

Les réunions de la BCE et de la Fed de septembre vont modeler le paysage monétaire des mois à venir des deux côtés de l’Atlantique. Les investisseurs suivront également de près les négociations sur le relèvement du plafond de la dette américaine, qui s’annonce déjà comme la prochaine urgence de Donald Trump après avoir dû gérer la crise de l’ouragan Harvey au Texas et en Louisiane. Sur le plan géopolitique, des regains de tensions ne sont pas à exclure, du côté de la Corée du Nord notamment.

La saison des résultats pour le 2e trimestre s’étant terminée sur de bonnes notes aussi bien dans les pays développés qu’émergents, place maintenant aux réunions des grandes banques centrales. Ce n’est un secret pour personne, aussi bien la Fed que la BCE annoncent depuis plusieurs mois vouloir normaliser leur politique monétaire. Par « normaliser », nous entendons dans le contexte qui nous occupe qu’elles remontent le niveau des taux d’intérêt directeurs et qu’elles réduisent les rachats massifs d’obligations, le tout de manière progressive.

La Fed ne veut pas brusquer les marchés…

A ce petit jeu, la Fed est plus avancée car elle a arrêté ses rachats d’actifs en 2014 et a déjà relevé son taux directeur quatre fois. Si les investisseurs n’anticipent plus de hausse pour cette année, ils vont en revanche analyser avec attention le timing et la façon dont la Fed va commencer à réduire son bilan. Cette décision aura des répercussions importantes sur les marchés financiers : cela va pousser les taux obligataires à la hausse, ce qui peut être perçu comme un renchérissement des conditions de financement pour les entreprises et les consommateurs américains.

Nous pensons néanmoins que Janet Yellen, la présidente de la Fed, va faire preuve de dextérité pour ne pas brusquer les marchés. En revanche, la possibilité d’une dernière hausse de taux pour cette année est selon nous sous-estimée. Toute décision dans ce sens donnerait un coup de fouet au dollar.

Et la BCE pourrait retarder sa décision

De son côté, la BCE est toujours sur une voie très accommodante même si elle entrevoit la fin de ses rachats d’actifs. Si sa réunion de septembre pourrait être le moment propice pour communiquer à ce sujet, la récente appréciation de l’euro rend sa mission délicate. Mario Draghi pourrait ainsi retarder sa communication et attendre celle de la Fed afin de ne pas ajouter une pression sur l’euro. Quoi qu’il en soit, ces deux réunions seront scrutées de près par les marchés.

Le spectre d’un « shutdown » menace les Etats-Unis

A Washington, Donald Trump semble emmêlé dans les affaires et est plus que jamais esseulé. Pour retrouver la confiance des marchés, le locataire de la Maison blanche doit absolument concrétiser ses grands projets. Outre la fiscalité des entreprises qu’il faut réformer, le Congrès américain va devoir se pencher sur la dette du pays, qui va atteindre son plafond dans les prochaines semaines. Si un défaut des Etats-Unis semble très improbable, le bras de fer va une nouvelle fois tenir le monde des affaires en haleine. Rappelons que sous la présidence Obama en octobre 2013, l’administration avait dû être fermée pendant deux semaines, les salaires ne pouvant plus être payés. Un blocage des services publics aurait un impact négatif sur l’économie américaine, et se traduirait par une pression supplémentaire sur le dollar et sur les marchés des actions.

Outre ces évènements attendus, on ne peut écarter la possibilité d’imprévus. La partie de poker qui se joue entre les Etats-Unis et la Corée du Nord n’a jusqu’à présent entraîné aucune conséquence grave mais pourrait créer de la nervosité. Même si les décisions des grandes banques centrales sont en partie déjà reflétées dans les cours, une part d’ombre persiste dans le timing et la façon dont elles vont procéder. A moins que Donald Trump ne chamboule l’agenda de Janet Yellen et de Mario Draghi. L’imprévisibilité du président américain donne des cheveux blancs à bon nombre d’investisseurs, qui ne savent plus sur quelle devise danser. Une hausse de la volatilité est donc à prévoir, mais ne remet pas en cause la bonne dynamique de la reprise économique mondiale.

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