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Deutsche Bank

En résumé

  • La BCE réduira ses achats d’obligations de 60 à 30 milliards d’euros par mois à partir de janvier et les poursuivra au moins jusqu’en septembre 2018.
  • Elle a aussi annoncé vouloir maintenir son taux directeur à un plancher bien au-delà de l’horizon prévu pour les achats d’obligations.
  • Il y a fort à penser que les taux sur l'épargne ne remonteront pas avant longtemps. Par ailleurs, l’environnement actuel renforce notre sentiment positif par rapport aux marchés d’actions européens.

Qu’a annoncé la BCE lors de sa réunion d’octobre ?

La Banque centrale européenne (BCE) a comme anticipé annoncé une recalibration de son programme d’achats d’obligations lors de sa réunion d’octobre : elle réduira ses achats de 60 milliards d’euros par mois à 30 milliards d’euros par mois à partir de janvier et les poursuivra au moins jusqu’en septembre 2018.

Jouant la carte de la prudence, la BCE se réserve en effet toujours la possibilité de continuer et/ou d’augmenter ses achats au-delà de cette échéance si besoin, par exemple en cas de dégradation des perspectives économiques en zone euro.

De plus, la BCE a confirmé que ses taux d’intérêt directeurs resteraient à leurs planchers actuels bien au-delà de l’horizon prévu pour les achats d’obligations. Le montant principal des obligations arrivant à échéance sera également réinvesti pendant une période prolongée après que la BCE aura mis fin au programme d’achats d’obligations.

Comment les marchés financiers ont-ils réagi ?

Bien que les annonces de la BCE aient été conformes aux attentes, sa décision a cependant été perçue comme étant plutôt accommodante (dovish) par les marchés financiers. La réaction du marché des changes ne s’est pas fait attendre : l’euro a cédé 1,4% par rapport au billet vert et est revenu à ses niveaux de fin juillet (taux de change EUR/USD proche de 1,165).

Les marchés obligataires ont pour leur part engrangé quelques gains à la faveur de la baisse des taux obligataires. Le taux allemand à 10 ans a baissé de 0,06% jusqu’à 0,41%, imité par ses satellites. La baisse a même été plus marquée dans la périphérie de la zone euro, où le taux italien à 10 ans a par exemple baissé de 0,09% jusqu’à 1,94%. Enfin, les marchés d’actions européens ont unanimement salué l’approche mesurée de la BCE en gagnant en moyenne plus de 1%.

Comment interpréter les décisions de la BCE ?

Malgré une reprise économique étonnamment robuste en zone euro, les pressions inflationnistes restent modérées. Face à ce dilemme, la BCE semble hésitante à se montrer plus restrictive. De fait, elle a seulement franchi un pas prudent vers la fin d’un programme d’achats d’obligations auquel elle a déjà consacré plus de 2.000 milliards d’euros jusqu’ici, soit l’équivalent de plus de 5 fois le PIB de la Belgique. Par ailleurs, la BCE réinvestira le montant principal des obligations arrivant à échéance bien au-delà de la fin du programme. Et comme les taux directeurs devraient également rester inchangés jusqu’en 2019, la politique monétaire de la BCE va dans l’ensemble rester très accommodante.

La politique monétaire de la BCE devrait participer à une remontée progressive des taux obligataires à moyen terme – cf prévision de 0,80% pour le taux allemand à 10 ans à fin septembre 2018. Des taux d’intérêt très bas, une croissance solide et une inflation modérée renforcent notre anticipation d’une poursuite du scénario « Goldilocks » (scénario économique idéal, ni trop chaud, ni trop froid). Nous estimons qu’il s’agit là d’un environnement très favorable pour les marchés d’actions européens. 

Enfin, le chemin de normalisation monétaire très graduelle emprunté par la BCE et les deux nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale (Fed) attendues ces 12 prochains mois impliquent que l’écart de taux d’intérêt devrait s’accentuer entre les Etats-Unis et la zone euro. Combiné à l’amélioration des données économiques américaines, cette évolution devrait offrir du soutien au dollar US.

Politique monétaire : plutôt « faucon » ou « colombe » ?

Les termes « hawkish » et « dovish » sont généralement utilisés pour décrire l’orientation de la politique monétaire d’une banque centrale.

Faisant référence au faucon, le terme « hawkish » indique qu’une banque centrale est plutôt encline à relever ses taux d’intérêt, par exemple pour assurer la stabilité des prix.

Faisant référence à la colombe, le terme « dovish » signale pour sa part qu’une banque centrale est plutôt encline à abaisser ses taux d’intérêt – ou qu’elle n’est pas pressée de les relever rapidement – pour stimuler la croissance économique.

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