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An 1000 : Le crédit agricole avant la lettre

Les transactions sur titres voient le jour en France, au 11e siècle. C’est en effet peu après l’an mille qu’apparaissent les courtiers de change. Pour le compte de banques, ils gèrent et négocient les créances de communes agricoles. Ce sont en quelque sorte les premiers agents de change.

1300 : Big business à Bruges

Au 14e siècle, Bruges est l’épicentre d’un vaste empire commercial. De nombreux aubergistes brugeois ne se contentent pas d’héberger des commerçants étrangers, mais négocient et traitent aussi pour leur compte.

L’une des familles d’hôteliers les plus célèbres de l’époque - 5 générations - se nomme Van der Buerse. La petite place sur laquelle se dresse leur auberge - Ter Buerse - devient vite le centre commercial et financier de la ville. Les courtiers prennent l’habitude de s’y rassembler, pour recueillir auprès des voyageurs des informations sur la conjoncture économique et sur la situation à l’étranger.

Vers 1400, un marché financier se tient régulièrement sur cette place. Les visiteurs peuvent y consulter les taux de change des grandes places commerciales de l’époque : Venise, Londres et Paris.

1531 : Primeur à Anvers

Au lendemain du déclin de la Venise du Nord, le centre financier des Plats Pays se déplace à Anvers. En 1531, le premier bâtiment pouvant ê̂tre qualifié de ‘bourse’ est édifié à la rue des Douze Mois. À l’époque, il n’est pas encore question d’actions. Les courtiers et les prêteurs sur gages s’y réunissent pour échanger des obligations et créances d’organismes publics, d’entreprises et même de particuliers. Depuis Anvers, le mot ‘buerse’ se propage en France, en Italie, en Espagne et en Allemand, où il devient respectivement bourse, borsa, bolsa et Börse.

1571 : Avec un nuage de lait

Le Royal Exchange ouvre ses portes à Londres en 1571,en s’inspirant du modèle anversois. Dans cette bourse du 16e siècle, l’agitation règne en maître. Au 18e, en raison de l’attitude jugée tapageuse d’un groupe de traders, ces derniers en sont bannis. Dépités, ces intermédiaires trouvent refuge dans les coffee shops londoniens. Les acheteurs et les vendeurs y font affaire grâce à de petites annonces punaisées sur la devanture.

1602 : CNIO, la première action au monde

La Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (CNIO, ou VOC en néerlandais) est la première entreprise à proposer des actions au grand public. Auparavant, seul un cercle restreint de bailleurs de fonds avait pu participer au financement d’un voyage au long cours. Si ce périple se révélait profitable, les investisseurs s’en partageaient les bénéfices. En cas d’échec, ils perdaient leur mise. Très vite, les actions VOC commencent à se négocier. Quatre ans à peine après la première émission de 1602, ces titres se sont déjà appréciés de 200%. En 1610, la Compagnie distribue pour la première fois un dividende.

Rien d’étonnant dès lors à ce que d’autres sociétés s’inspirent de l’exemple hollandais. Pas étonnant non plus que des personnes mal intentionnées tentent d’abuser du système. Ainsi, à l’époque, on pouvait acheter des actions d’une entreprise ayant mis au point ‘une méthode pour extraire du soleil des légumes’. Ou menant ‘un projet d’une importance telle qu’il n’est pas concevable d’en révéler la teneur’.

1688 : 331 ans, et toujours d’actualité

C’est en 1688 que paraît Confusión de Confusiones (La Confusion des Confusions), de Joseph de la Vega. Il s’agit d’une des premières analyses du fonctionnement des marchés financiers. Dans cet ouvrage de référence, on peut lire par exemple qu’il est délicat de donner des conseils en investissement, et qu’à l’heure de calculer son rendement, il convient de tenir compte des gains ET des pertes. Autre précepte, un investisseur doit disposer d’au moins autant de patience que de capital. Confusión de Confusiones figure dans le Top 10 des livres de chevet de l’investisseur, selon le Financial Times.

1774 : Eendragt Maakt Magt, le premier fonds d’investissement

Le tout premier fonds d’investissement voit le jour après une crise financière, qui sensibilise les investisseurs aux risques, ainsi qu’aux vertus de la diversification. Il se nomme Eendragt Maakt Magt (L’Union fait la Force) et est lancé par le courtier amstellodamois Abraham van Ketwich. Son principe : réduire le risque couru par chaque investisseur en diversifiant le fonds entre plusieurs titres. Eendragt Maakt Magt est déjà composé de différentes classes d’actifs. Chaque classe représente 100 parts au porteur librement cessibles, d’une valeur nominale de 500 florins.

1792 : Wall Street ouvre ses portes

La première bourse outre-Atlantique voit le jour en 1790 à Philadelphie. Le New York Stock Exchange (NYSE) ouvre ses portes deux ans plus tard à Wall Street. L’aura de cette nouvelle bourse se développe très vite, à l’image de l’économie américaine. En quelques années, le NYSE devient la première bourse au monde. Aujourd’hui encore, c’est elle qui possède la plus grande capitalisation boursière.

1801 : Au tour de Bruxelles

La Bourse de Bruxelles est fondée sous la houlette de Napoléon et s’installe dans l’ancien couvent des Augustins, rue Fossé aux Loups.

En 1874, un nouveau bâtiment l’accueille, en bordure du boulevard Anspach. Jusqu’en 1867, seul un fonctionnaire de l’État a le droit de négocier les titres publics. En échange de ce droit, il a l’interdiction d’agir pour son propre compte. En 1867, l’accès à la profession d’agent de change se libéralise.

C’est en juillet 1996 que la corbeille de la Bourse de Bruxelles cesse ses activités. Les transactions sont désormais gérées électroniquement. En mai 2015, Euronext Brussels quitte le boulevard Anspach pour s’installer à la rue du Marquis.

1884 : Le premier indice

En 1884, Charles Dow est le premier à publier un indice : le Dow Jones Transportation Index. Ce panier se compose de 11 actions du secteur des transports, dont 9 sociétés de chemins de fer. Son principe est simple : le cours des 11 actions est additionné, puis divisé par le nombre total d’actions. Le S&P 500 voit le jour beaucoup plus tard, en 1957, tandis que le Bel 20 date de 1990.

1929 : La grande dépression

Le plus grand krach boursier se produit en 1929. Le Dow Jones perd près de la moitié de sa valeur entre le 24 et le 29 octobre, entraînant le pays dans la Grande Dépression. Malgré les secousses ultérieures - le Lundi noir de 1987, l’éclatement de la bulle informatique de 2000 et la crise des subprimes de 2008 - les actions génèrent depuis 1900 un rendement annuel moyen de 6,5%1.

1971 : Passage au numérique

Une révolution technologique intervient en 1971 avec le lancement du NASDAQ, la première bourse ‘électronique’ au monde. Le NASDAQ débute modestement, en mettant les cours à la disposition des courtiers par voie électronique. Très vite, il se dote de nouvelles fonctionnalités et met en contact les vendeurs et les acheteurs de titres. Le NASDAQ est la première bourse au monde à permettre les transactions en ligne.

1990 : Fini de gesticuler !

Dans les années 90, les avancées technologiques s’accélèrent. Au début du nouveau millénaire, presque toutes les bourses du monde ont adopté les transactions électroniques. Jusqu’alors, elles avaient recours à l’open outcry : les acheteurs et les vendeurs communiquent par la voix et le geste, afin de convenir du nombre de titres échangés et de leur prix. Quant aux courtiers, ils ont pour mission d’exécuter les ordres des clients. Les stockjobbers ont pour tâche de finaliser au mieux les transactions, en faisant concorder l’offre et la demande. Ce système a toutefois ses limites. En raison de sa faible réactivité, de son manque de fiabilité et de son coût élevé, l’open outcry est progressivement remplacé par les transactions électroniques. Aujourd’hui, seule la Bourse de New York y a encore recours, sous la forme d’un système hybride.

Et aujourd'hui ?

Aujourd’hui, ‘la bourse’ est plus réactive et plus imposante que jamais. En novembre 2019, la capitalisation mondiale dépassait en effet les 80.000 milliards de dollars. En 2009, elle n’était « que » de 25.000 milliards. Plus de la moitié de cette capitalisation est monopolisée par les entreprises de trois pays : les États-Unis (40%), le Japon (7,5%) et la Chine (7,5%).

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1Étude disponible sur www.credit-suisse.com/about-us-news/en/articles/news-and-expertise/global-investment-returns-yearbook-201902.html

Sources: Banque Nationale de Belgique, Euronext, MoneyWeek, Forbes, Bloomberg, De Tijd, Business Insider, MarketWatch, Stichting Capital Amsterdam et Investopedia.